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Carte blanche - Timeless celadons

Historic and contemporary works of art

Musée Ariana
5 July 2016  30 September 2016
10h - 18 h
Entrée libre

Carte blanche a été donnée à Ana Quintero Pérez, collaboratrice scientifique, pour la sélection et l'étude d'oeuvres représentatives du céladon, une couverte utilisée en céramique au milieu de la dynastie des Shang (1500-1050 av. J.-C.), encore très prisée par les céramistes contemporains.

[Translate to English:] Plus de deux millénaires après sa découverte, le céladon (en chinois qingci, littéralement « céramique bleu-vert ») fascine toujours autant. Son rayonnement en Asie, au Moyen-Orient et en Europe a été un phénomène majeur dans l’histoire de la céramique, contribuant à son évolution technique et esthétique. Aujourd’hui encore, des céramistes s’approprient et réinterprètent cette céramique ancienne originaire de l’Empire du Milieu.

La découverte du céladon : histoire et technique

Le céladon est découvert de manière fortuite en Chine, dans la province de Zhejiang, au milieu de la dynastie des Shang (1500-1050 av. J.-C.) en partie grâce au développement de fours à bois dont la structure complexe – notamment le four dragon (longyao) – va permettre d’atteindre des températures élevées (cuisson dite de « grand feu »). À partir de 1200° C, les cendres de bois incandescentes fusionnent avec la surface des pièces enfournées formant une substance vitreuse : la couverte. À la fois pratique et esthétique, cette surface imperméable, lisse et brillante aurait été appréciée par les potiers qui ont ensuite reproduit le procédé pour en recouvrir entièrement leurs pièces. Lors d’une cuisson en réduction (c’est-à-dire dans une atmosphère pauvre en oxygène), l’oxyde de fer contenu dans les cendres confère une teinte verte à la couverte. Cependant, l’instabilité de l’atmosphère des fours et les variations de la quantité de fer entraînent des tonalités extrêmement variées d’une cuisson à l’autre. Les cendres sèches de bois ou de végétaux étaient saupoudrées sur la pièce encore humide ou mélangées à la couverte liquide puis appliquées au pinceau, à la louche ou par immersion de la pièce. Progressivement, la maîtrise de cette technique permettra aux potiers d’obtenir une surface uniforme et lumineuse, plus ou moins translucide ou opaque en fonction des suspensions colloïdales (particules) qu’elle contient.

Les ateliers de Yue, Ou, Wuzhou et Longquan ainsi que les manufactures impériales de la dynastie des Song du Sud (1127-1279), produiront des pièces en céladon. Les premiers grès de Zhejiang s’inspirent des formes et décors des bronzes rituels ou funéraires. Le céladon est combiné aux décors incisés ou en relief : motifs géométriques, végétaux (lotus, pivoines) ou animaliers (poissons, oiseaux, phénix), etc. À Longquan, au XIe siècle, les potiers utilisent un grès porcelaineux – cishi – (composé de silice, de mica et de quartz), sur lequel sont incisés des motifs se révélant sous la couverte céladon translucide. Au XIIe et XIIIe siècles, le style évolue vers des pièces aux lignes pures à la couverte opaque parfois exemptes d’ornements.

Le céladon dans l'art contemporain

Cette vitrine présente des oeuvres de céramistes contemporains avec, au premier plan, trois pièces historiques, faisant écho à cette technique ancestrale. Selon Xavier Duroselle (France, 1962), le céladon « a rapidement acquis ses lettres de noblesse par sa capacité à admirablement souligner le moindre relief, par la profondeur de sa transparence sur la porcelaine et par la douceur de sa surface si agréable au toucher comme à l’oeil » ; pour lui, « le céladon est un interprète : il révèle ou atténue… ». Les formes délicates de ses coupes à double paroi (plaques de porcelaine déchirées superposées) ou ajourées sont mises en valeur par une fine couche de céladon pâle à peine perceptible.
La fascination d’Édouard Chapallaz (Suisse, 1921-2016) pour les émaux chinois a débuté lors de la visite d’une exposition de porcelaine chinoise au Musée Cernuschi. Dans son atelier vaudois, il mènera des recherches sur les grès et les émaux cuits à haute température. Il réussit des cuissons en réduction dans un four électrique (une véritable prouesse technique !) qu’il avait lui-même construit. Certaines de ses oeuvres aux formes simples et essentielles (vaisselle utilitaire, pièces décoratives tournées, etc.) ont une couverte céladon.
C’est également un musée d’arts asiatiques parisien, le Musée Guimet, qui a déclenché la longue quête de Jean-François Fouilhoux (France, 1947). Depuis plus de trente ans, il mène des recherches quasi obsessionnelles sur le céladon. Pour lui, il s’agit de retrouver une teinte exacte, une texture ou plutôt une sensation. « Je multiplie sans relâche les essais, toujours à la recherche d’une nouvelle perfection dans la qualité d’un satiné ou dans la nuance d’une tonalité. Le céladon procure une sensation de suavité, une impression de profondeur infinie. Par contraste, cette sérénité me permet d’exalter une tension, une certaine dramaturgie dans des sculptures aux lignes complexes, vives et parfois tourmentées ». Ses oeuvres s’associent parfois à des morceaux de grès rapidement travaillés : elles présentent un aspect brut et massif. La couleur vient ici souligner les lignes, atténue les arrêtes et les plis de la terre.
À l’opposé des empreintes de la main et des outils du céramiste clairement affichées par Fouilhoux, le Japonais Sueharu Fukami (Kyoto, 1947) efface volontairement toute trace de façonnage de ses pièces « flottantes » (oeuvres moulées aux arêtes travaillées). Il crée des contenants et des sculptures élancées aux lignes extrêmement pures et d’une grande finesse dans une recherche continue de perfection formelle. Fukami maîtrise la technique ancienne du céladon et y insuffle une dimension à la fois contemporaine et intemporelle. Couleur secrète, changeante, onctueuse, transparente, opaque, brillante, mate, craquelée, satinée ou poudrée, le céladon reste empreint de magie et de poésie.

 

Feuille de salle téléchargeable ici