La revue électronique de l'Institut et Musée Voltaire
ISSN 1660-7643
       
         
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Commençons cette revue par les Souvenirs d’une actrice de Louise Fusil, publiés par Valérie André dans la « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux » aux éditions Champion. Valérie André précise d’entrée que les deux volumes qui composent les Souvenirs d’une actrice, datés de 1841, ont été malheureusement défigurés dans la réédition qu’en a diffusée Paul Ginisty en 1904. Le volume qu’elle nous propose, enrichi d’annexes quasiment introuvables, est donc précieux en ce qu’il nous permet un accès facile au texte original. L’annotation de Valérie André est abondante, mais quelquefois fautive : on apprend ainsi, à la note 36, que la « réforme des costumes de théâtre » fut « véritablement accomplie par Talma en 1791, lors de la création du Charles IX de Chénier ». Or Charles IX fut créé, comme chacun sait, le 4 novembre 1789. On s’étonne de même que certaines notes renvoient à d’autres de manière préventive : c’est le cas de la note 9, qui invite à consulter la note 278, sans qu’on sache trop pourquoi. La bibliographie enfin, qui n’est pas du tout organisée, est inexploitable. Ne boudons toutefois pas notre plaisir et rendons grâce aux éditions Champion de nous avoir permis la redécouverte de ces précieux Souvenirs.

Dans la même collection viennent de paraître les volumineux Mémoires et le Journal de Jean-Pons-Guillaume Viennet (1777-1867), présentés et annotés par Raymond Trousson. Ce ne sont pas moins de mille cinq cents pages qui s’offrent au lecteur, en un volume qui doit bien peser son kilo. Si les Mémoires reculent dans le temps jusqu’à l’année 1777 (un an avant la mort de Voltaire), le Journal de Viennet permet quant à lui d’embrasser toute la monarchie de Juillet : qui s’en plaindra ? L’annotation, très riche, est toutefois aussi surprenante que celle du volume précédent. Reprenons le cas de Marie-Joseph Chénier, décidément bien maltraité. Viennet écrit (pp. 162-163) : « Chénier, malgré ses douze volumes de vers et de prose, est et sera toujours l’auteur d’Agamemnon. » Fort bien, sauf qu’Agamemnon est de Lemercier. On s’attendrait à voir cette erreur corrigée par la note 50 : point du tout. On y apprend seulement que Chénier a été membre de la Convention, du Conseil des Cinq-Cents, etc. Alors ? Lapsus calami ? Simple erreur de transcription ? Quoi qu’il en soit, on s’attendait peu à voir de telles bourdes sous la prestigieuse signature de Raymond Trousson. Souhaitons que les prochains volumes de cette collection fassent l’objet d’une relecture plus attentive.

Même éditeur, autre collection : c’est en effet dans la collection « Colloques, congrès et conférences sur le dix-huitième siècle » qu’est paru, sous la direction de Didier Masseau, un volume intitulé Le XVIIIe siècle, histoire, mémoire et rêve. Il s’agit en fait des mélanges offerts par quelques-uns de ses collègues à Jean Goulemot.
 On n’attend en général pas grand-chose de ce genre de volume, si ce ne sont quelques articles isolés. Or celui-ci en produit beaucoup de grand intérêt, à commencer par la contribution de Krzystof Pomian, « Voltaire, historien de l’Europe », où l’on apprend que Voltaire songe, pour des raisons qui tiennent à la définition même de la tâche d’historien, à écrire d’abord l’histoire de l’Europe. Citons encore, dans le même volume, les contributions de Bronislaw Baczkó (« Droits de l’homme, paroles des femmes »), de Jacques Wagner (« Mémoire et reconstruction d’une identité écaltée [sic] : les Rêveries de Jean-Jacques Rousseau »), de Pierre Frantz (« Le héros, la fraternité et la mort. La poétique des tragédies néoclassiques de Chénier [encore lui !] »), d’Henri Lafon (« Nocturnes ») et de Michel Porret (« Les moments de loisir de Pierre Dombre : petites pièces fugitives au seuil du suicide »).

Toujours chez Champion, signalons la parution de la thèse de Christelle Bahier-Porte, La Poétique d’Alain-René Lesage ; celle d’un très intéressant ouvrage sur le dauphin, fils de Louis XV : La vertu et le secret, dû à Bernard Hours ; celle enfin des Mille et un jours de Pétis de la Croix : cette édition est placée sous la direction de Pierre Brunel, dont chacun se rappelle la visite à l’Institut Voltaire, voici deux ans, à l’occasion du cycle Voltaire à l’opéra.


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© IMV Genève | 02.01.2007