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  • Le Musée d’art et d’histoire figure parmi les plus grands musées de Suisse. Riche de quelque 650'000 objets parmi lesquels des créations majeures et des séries uniques, il révèle sur cinq étages une partie de ses collections dévolues aux arts appliqués, aux beaux-arts et à l’archéologie.
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Carte blanche | Les «rustiques figulines » de Bernard Palissy et de ses imitateurs

Musée Ariana
1 juillet 2021 2 octobre 2021
10h - 18h
Fermé le lundi
Entrée libre

Groupe, manufacture Charles-Jean Avisseau, Tours (France) Legs Gustave Revilliod, 1890
© Murat Mevlana Temel, Musée Ariana

Bernard Palissy, né à Agen vers 1510 et mort à Paris en 1589 ou 1590 est un céramiste mythique, mais également un écrivain et un savant révélateur des secrets de la nature. Son parcours, dont certains pans restent mystérieux, est rocambolesque et dramatique.

Après un apprentissage de peintre-verrier, Palissy s’installe à Saintes, où il se marie et se convertit au protestantisme. Vers 1539, après avoir vu « une coupe de terre tournée et émaillée d’une telle beauté que dès lors j’entrais en dispute avec ma propre pensée » il se tourne vers la céramique, et oriente plus particulièrement ses recherches sur les glaçures et émaux, afin de tenter d’égaler la majolique italienne. Sa quête acharnée, notamment pour la mise au point d’un émail blanc, l’aurait poussé à nourrir son feu avec le bois de sa maison : « Le bois m'ayant failli, je fus contraint brusler les estapes qui soustenayent les tailles de mon jardin, lesquelles estant bruslées je fus contraint brusler les tables et plancher de la maison ». Parallèlement à ses recherches, et afin de faire vivre sa nombreuse famille, il exerce la profession de géomètre arpenteur, qui lui permet d’observer la faune dont il s’inspire pour la décoration de ses pièces.

Dès 1555, ses plats et bassins sont ornés de « rustiques figulines » moulées en relief puis nappées de glaçures brillantes. Outre les pièces de vaisselle ornementales, il réalisera, à Ecouen et pour le palais des Tuileries, des grottes inspirées des grottes antiques avec des éléments en céramique. Il consacre dans ses Discours admirables un chapitre à« L’Art de la terre » dans lequel il livre ses expériences.

Longtemps protégé en raison de ses liens privilégiés avec des hommes de pouvoir, il est finalement emprisonné à la Bastille – où il finira ses jours – en raison de ses convictions religieuses.

Entré au 19e siècle dans la galerie des « grands hommes de la nation française », Bernard Palissy, artiste passionné et incompris, est alors remis sur le devant de la scène. Dans une période où l’art revisite les grandes périodes de son histoire, où le développement des sciences naturelles et de la chimie provoque un retour vers la nature, plusieurs céramistes français s’engagent dans le courant néo-Palissy, revisitant les œuvres de leur célèbre prédécesseur ; ils se concentrent autour de l’École de Tours et de celle de Paris.

À Tours, Charles-Jean Avisseau (1795-1861) ressent une véritable vocation de céramiste à la vue de pièces de Palissy : Il modèle, souvent d’après nature et avec des modèles vivants, reptiles, animaux ou mollusques en cherchant à conférer à cette faune une vie intense et grouillante.

Outre Victor Barbizet (actif entre 1850 et 1890), dont le Musée Ariana ne conserve aucun exemple, ce sont Georges Pull (1810-1889) et son fils Jules qui se passionneront à Paris pour Palissy. Ils réalisent de grands plats moulés de batraciens et autres serpents, plantes et coquillages dans une faïence fine extrêmement légère, qu’ils recouvrent de glaçures brillantes et colorées. Le rayonnement de Bernard Palissy dépasse les frontières de la France ; le Portugais Manuel Cipriano Gomes, dit O Mafra (1829-1905) est également considéré comme l’un de ses disciples les plus fervents.

Le Musée Ariana ne possède malheureusement pas d’œuvres de Bernard Palissy ; l’institution conserve par contre un riche corpus de pièces témoignant du renouveau de ce style au 19e siècle. Toutes proviennent de la collection de Gustave Revilliod, le fondateur du Musée Ariana, qui a sans doute été séduit par ces pièces étonnantes lors de visites d’expositions ou d’ateliers. Il a également commandé à Jules Pull une figurine représentant le célèbre céramiste au travail et a réimprimé, aux éditions Fick à Genève, « L’Art de la terre » de Palissy.

Si l’été se fait trop caniculaire, plongez-vous avec délices dans la fraîcheur des « rustiques figulines » des suiveurs de Palissy !

Feuille de salle


Sur une proposition de Anne-Claire Schumacher, conservatrice en chef au Musée Ariana