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Carte blanche | Tous masqués?

Musée Ariana
1 avril 2021 13 juin 2021
10h - 18h
Fermé le lundi
Entrée libre

Christ à tête d’hippopotame de Christine Aschwanden (Suisse, 1976)
© Boris Dunand, Musée Ariana

Alors que le port du masque est actuellement imposé dans de nombreux lieux, le peuple suisse vient de voter en faveur de l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public ! Situation inimaginable il y a un an à peine, le masque s’est totalement immiscé dans notre vie quotidienne. Le Musée Ariana conserve dans sa collection plusieurs œuvres interrogeant notre rapport à cet accessoire, si rassurant pour certains, terriblement anxiogène pour d’autres…

Dans cette atmosphère anormale bouleversant profondément les interactions sociales, certaines personnes choisissent des masques colorés, à motifs ou avec des messages imprimés : préservent-elles ainsi leur singularité face aux armées de masques bleus uniformisés anonymes ? Qu’il soit protecteur, festif ou rituel, cet objet, cachant partiellement ou intégralement le visage, fait partie intégrante de la culture populaire : du théâtre grec antique à la commedia dell’arte (n° 5), des tribus animistes au carnaval vénitien, des momies égyptiennes aux masques mortuaires, des guerriers samouraïs aux luchadores mexicains, des superhéros aux Anonymous, du KKK jusqu’au corps médical.

Certains individus deviennent méconnaissables, car c’est surtout par le visage que l’on reconnaît l’autre. Le grand buste nu de Batman au masque zoomorphe d’Anna Malicka-Zamorska (Pologne, 1942) affiche une expression douce et bienveillante (n°1). Le « Chevalier noir » porte sur ses larges épaules une taupe, allégorie de son identité secrète de superhéros de l’ombre et d’une justice aveugle. Les sculptures de cette céramiste polonaise oscillent entre grotesque et fantastique, mêlant animaux et humains dans un univers féérique et poétique.

Le masque incite à la transgression et désinhibe notre rapport aux autres, atténuant la gêne ou la pudeur. Il révèle la part animale de cette femme-féline nue aux formes voluptueuses (n°2). Elle incarne le tigre, montrant ses dents dans une attitude à la fois défiante et cocasse. Avec le singe assis sur son dos, deux des douze animaux de l’astrologie chinoise sont personnifiés. La céramiste Esther Shimazu (Hawaï, 1957) s’inspire notamment de traditions chamaniques et asiatiques. Certains masques rituels auraient le pouvoir d’ouvrir une brèche magique entre le monde terrestre et celui des esprits, lors de danses et transes réveillant des forces sacrées invisibles.

Irrévérencieux à souhait, le Christ à tête d’hippopotame de Christine Aschwanden (Suisse, 1976) désacralise et libère (n° 4). Avec sa série Nippes (« bibelots »), l’artiste métamorphose des figurines de récupération en porcelaine. Elle les coiffe de masques zoomorphes, y ajoute des masses amorphes ou des rehauts dorés, en multipliant les cuissons. Elle les détourne et se les réapproprie, créant de nouveaux personnages, qu’on imagine protagonistes d’histoires, parfois cauchemardesques, mais toujours empreintes d’ironie et d’humour.

Le masque contraignant étouffe la parole et la respiration. Ce « faux visage » coupe l’accès au vrai visage, jugulant les expressions et émotions. Il instaure une distance entre les individus ou élève une barrière entre le monde extérieur et intérieur. C’est le cas des petites têtes blanches momifiées, muselées ou bâillonnées (n° 3) issues de l’imaginaire torturé de Carmen Dionyse (Belgique, 1921-2013). Ses êtres troublants et mystérieux, privés d’oreilles, de bouche, de nez et parfois même d’yeux, demeurent entièrement tournés vers leur spiritualité – de gré ou de force – et invitent à l’introspection.

Derrière un masque rose pastel inquiétant se cache un visage angélique (n°6). Nuria Torres Dominguez (Espagne, 1976) a créé une série de bustes d’enfants masqués, aux accessoires interchangeables. Ces derniers modifient profondément l’expression des visages et leur perception. L’artiste s’inspire de la sculpture classique, pour la réinterpréter en porcelaine ou en marbre. Elle copie ici un célèbre buste de Jean-Antoine Houdon (1741- 1828), représentant Louise Brongniart (1772-1845), fille de l’architecte français Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813). Entre jeux d’enfants innocents ou aliénants, sa jeune « Louise », amusante ou dérangeante, ne laisse pas indifférent.

Symbole de soumission ou de pouvoir, objet contestataire ou de ralliement, pièce d’apparat ou de divertissement, le masque nous confronte à nous-mêmes, éveille nos peurs, stimule notre imagination… Lequel porteriez-vous ?


Sur une proposition de Ana Quintero Pérez, adjointe scientifique au Musée Ariana