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  • L'herbier des Conservatoire et Jardin botaniques et ses quelque six millions d’échantillons est un des plus importants au monde. Quant au jardin, il abrite de magnifiques collections de plantes vivantes.
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  • Le FMAC a pour missions de développer la présence de l’art dans l’espace public et de soutenir les artistes actifs et actives à Genève. Le FMAC gère la Médiathèque, un espace de consultation et de diffusion d’une collection dédiée à l'art vidéo. Le FMAC Mobile, par ses actions de médiation, favorise l’intérêt et la compréhension des publics pour le domaine de l’art contemporain.
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  • Avec une collection riche de 25'000 objets illustrant douze siècles de culture céramique, le Musée Ariana compte parmi les grands musées européens spécialisés dans les arts du feu.
  • Site internet du Musée Ariana


  • Les Musées d’art et d’histoire forment le plus grand ensemble muséal de Suisse, avec ses cinq musées et leurs 700'000 objets, sa bibliothèque et ses ateliers de restauration.
  • Site internet des Musées d'art et d'histoire


  • Haut lieu de la réflexion sur les sociétés humaines, le Musée d'ethnographie de Genève, dont les bâtiments se trouvent au boulevard Carl-Vogt propose au travers de ses expositions une variété de lectures anthropologiques des phénomènes sociaux et culturels qui traversent le monde actuel.
  • Site internet du Musée d'ethnographie


  • Le Muséum d’histoire naturelle accueille plus de 250'000 visiteurs chaque année à la découverte des millions de spécimens exceptionnels appartenant au patrimoine naturel qu'il conserve. Unique en son genre en Suisse, le Musée d'histoire des sciences - affilié au Muséum - abrite une collection d'instruments scientifiques anciens issus des cabinets des savants genevois du 17e au 19e siècle.
  • Site internet du Muséum d'histoire naturelle
    Site internet du Musée d'histoire des sciences

Vitrine carte blanche : Jacqueline Lerat (1920 - 2009)

Musée Ariana
1 mars 2018   3 juin 2018
de 10h à 18h
entrée libre

Jacqueline Lerat, « Sculpture », 1987 (Détail) Grès chamotté, engobes, émaux Achat, 2016 – Inv. AR 2016-362
© Musée Ariana, Ville de Genève

L’année 2018 est placée sous le signe d’un couple de sculpteurs et céramistes français, Jean (1913-1992) et Jacqueline Lerat. Le Musée Ariana consacre une vitrine à ces artistes qui ont marqué par leur expression, leur engagement et leur enseignement l’histoire de la céramique contemporaine européenne.

Feuille de salle

Vers le site JJ Lerat

Lorsqu’en 1943, la jeune Jacqueline Bouvet rejoint La Borne, un village de potiers situé dans les forêts aux alentours de Bourges, elle rencontre Jean Lerat, mandaté dans ce centre de production du grès pour renouveler la tradition. Leur présence dans ce village et leur impulsion novatrice ont fait de La Borne l’un des principaux centres du grès en Europe.

Après treize ans passés à La Borne, les époux Lerat s’installent à Bourges où, parallèlement à leur création céramique, ils prodiguent leur enseignement au Centre national des beaux-arts. Suite à la disparition de Jean en 1992, Jacqueline poursuit inlassablement une démarche plastique rigoureuse et exigeante, empreinte de profondeur et d’humanité.

Le Musée Ariana a eu l’opportunité d’acquérir, grâce à Jean-François et Claire Lerat, deux œuvres majeures marquant l’évolution de la carrière de leur mère. Les recherches menées par Joseph Rossetto autour des carnets de croquis de l’artiste, un beau film, « L’Écorce du monde » de Philippe Troyon, d'après un scénario de Joseph Rossetto, Jean-François Lerat et Esther Martinez et un livre : « Je suis debout - Jacqueline Lerat » de Joseph Rossetto mettent en lumière l’universalité et l’intemporalité de l’artiste.

Après avoir modelé des Maternités qui évoquent l’art roman et cistercien, Jacqueline  Lerat s’éloigne de la figuration pour se consacrer au corps, à son propre corps : « Il fallait sortir le corps de sa représentation, de son enveloppe pour en sentir vivre l’existence » (Jacqueline Lerat, Carnet 1986).

Le jardin, lieu de passage entre la maison et l’atelier, occupe une place centrale dans son univers ; elle tente de transcrire les couleurs, les émotions, les sensations, l’émerveillement renouvelé que lui procure son jardin. La vibration de la lumière qui joue dans les arbres, le vert de l’herbe qui s’oppose au noir des branches, l’allégresse des saisons qui passent s’expriment de manière elliptique dans ses sculptures, par des touches de couleur ou des excroissances formelles.

Architecture, végétal, corps : la sculpture de Jacqueline Lerat n’est autre qu’une quintessence du vivant.

À partir des années 1984-1986, Jacqueline Lerat se met en quête de verticalité, en résonance avec son amour de la danse. Jacqueline considère le corps comme un réseau de tensions, une matière vivante et en mouvement. L’« état de corps » relève du travail intérieur avant de se matérialiser dans une expression formelle. Après la mort de Jean, Jacqueline sculpte des corps, souvent sans visage, juxtaposés, parcourus par une césure, tantôt déchirure, tantôt lien.

À la fin de sa vie, alors que paradoxalement elle est atteinte dans sa mobilité, Jacqueline modèle des sculptures en mouvement, comme pour mieux vivre l’espace. Ici l’« enjambement» se campe à la limite de l’instabilité. Elle écrit près d’un dessin : « Équilibres, déséquilibres…Rattraper l’équilibre pour vivre». L’instabilité insufflée témoigne d’une vie de création, de présence au monde, de tension sur un fil, le fil de sa vie, saupoudré de doute. Car son œuvre parle du temps qui passe, d’instants de présence absolue. Comme si rien n’existait en dehors de l’acuité de ses sens.

Texte : Anne-Claire Schumacher, sur une proposition de Joseph Rossetto