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VOLTAIRE (1694-1778)

 

Voltaire arrive à Genève en décembre 1754, s’installe sur les hauteurs de Saint-Jean trois mois plus tard et y baptise sa demeure « les Délices ». Il y reste jusqu’en octobre 1760, date à laquelle il s’installe définitivement à Ferney.

L’écrivain, durant son séjour, entretient des relations privilégiées avec plusieurs membres du patriciat genevois, au premier rang desquels la famille Tronchin, mais doit essuyer les critiques de certains pasteurs. Plusieurs œuvres décisives n’en sortent pas moins de la « fabrique » des Délices : le Poème sur le désastre de Lisbonne et Candide sont ainsi édités chez les frères Cramer.

Voltaire publiera en 1768 un « poème héroïque »  intitulé La Guerre civile de Genève dans lequel il fustigera ses ennemis politiques et raillera son principal adversaire « genevois », Jean-Jacques Rousseau.


ŒUVRES COMPLÈTES

Édition dite « encadrée » (1775)

La Bibliothèque de Genève vient de mettre en ligne sur ReroDoc l’intégralité des volumes de l’édition dite « encadrée » des œuvres de Voltaire. Cette édition, la dernière à avoir été revue par l’écrivain avant sa mort, fournit la plupart des textes sur lesquels se basent les éditions critiques contemporaines des œuvres de Voltaire.

Édition de Kehl (1784-1789)

La base e-rara propose l’édition de Kehl (1784-1789), première édition « posthume » des œuvres de Voltaire dont Beaumarchais confia la direction littéraire à Condorcet, Decroix et Ruault. Cette édition contient, pour la première fois, la correspondance. Publiée une première fois en 1784 en 70 volumes, elle est rééditée dès l’année suivante.

Édition Beuchot (1829-1834)

Publiée en 72 vol. in-8°, l’édition Beuchot reprend, exception faite des Mélanges, le classement de l’édition de Kehl. Beuchot s’est d’ailleurs adjoint les services de J.J.M. Decroix, l’un des éditeurs de Kehl, et ceux de Cayrol et Ravenel.

Édition Moland (1877-1885)

Louis Moland apporte aux 52 vol. in-8° de son édition deux innovations importantes : le classement chronologique des Mélanges et l’adjonction de textes périphériques (Vie de Voltaire par Condorcet et autres textes biographiques).

Voltaire en mode recherche

La Voltaire Foundation d’Oxford s’est associée à l’ARTFL Project pour permettre d’entrer dans sa base des Œuvres complètes. Utile pour les chercheurs en dépit de l’absence de la correspondance.


ŒUVRES SÉPARÉES EN MODE TEXTE


Il peut être utile, s’agissant d’un auteur aussi lu que Voltaire, de disposer de ses œuvres en mode texte. Nous appelons toutefois à la plus grande prudence lors de la consultation de ces données, dans lesquelles des erreurs de retranscription ou de reconnaissance optique se glissent parfois. Une vérification sur les textes disponibles en mode image est fortement recommandée.

C’est le théâtre qui est le mieux servi puisque 75% très exactement de l’œuvre théâtrale de Voltaire se trouve, grâce notamment au site Théâtre classique, accessible sous format HTML ainsi qu’en version PDF et en mode texte. Sont concernés, dans l’ordre alphabétique : Adélaïde du Guesclin, Agathocle, Alzire, ou les Américains, Le Baron d’Otrante, Brutus, Charlot, ou la Comtesse de Givry, Le Dépositaire, Les Deux Tonneaux, Le Droit du Seigneur, Le Duc d’Alençon, L’Enfant prodigue, L’Envieux, Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète, La Femme qui a raison, Les Guèbres, L’Indiscret, Irène, Les Lois de Minos, Mariamne, Mérope, La Mort de César, Nanine, ou le préjugé vaincu, Œdipe, Olympie, Oreste, Les Originaux, ou Monsieur du Cap-Vert, L’Orphelin de la Chine, Pandore, Les Pélopides, Rome sauvée, ou Catilina, Samson, Saül, Les Scythes, Semiramis, Socrate, Sophonisbe, Tancrède, Tanis et Zélide, ou les rois pasteurs et enfin Zaïre, dont la Bibliothèque de Genève vient d’acquérir un des manuscrits originaux, de la main de Voltaire.

De nombreux contes sont également accessibles, parmi lesquels Candide, L’Ingénu, Memnon ou la Sagesse humaine, Micromégas, Le Monde comme il va, L’Homme aux quarante écus et bien entendu Zadig. Sur le plan des poèmes, La Pucelle d’Orléans fera la joie de celles et ceux qui souhaitent mêler à l’épopée, très en vogue au dix-huitième siècle, un esprit « bout du banc » tandis que le Poème sur le désastre de Lisbonne nous permettra, comme ce fut le cas après le tsunami de 2004, d’interroger notre contemporanéité. Les textes philosophiques enfin sont, du moins pour les principaux d’entre eux, tout à fait consultables voire téléchargeables : c’est le cas des Lettres philosophiques, du Traité sur la tolérance et du Dictionnaire philosophique.

Signalons enfin la plateforme Gutenberg qui a le grand avantage de proposer une série d’ebooks immédiatement et gratuitement téléchargeables sous différents formats mais a l’inconvénient de ne faire qu’imparfaitement référence à l’édition choisie pour la numérisation. Or le choix de l’édition est tout à fait primordial. D’abord parce que Voltaire ne cesse de publier ses textes à plusieurs reprises de telle sorte qu’il est difficile, aujourd’hui, sans une parfaite connaissance de la bibliographie voltairiste, de choisir une version de référence ; mais également parce que le très grand nombre d’éditions disponibles a entraîné des choix éditoriaux dont la simple captation d’un texte isolé ne peut rendre compte.
Nous appelons donc nos lecteurs à la plus extrême vigilance et les invitons à consulter les éditions papier établies par les meilleurs spécialistes de Voltaire, À titre d’exemple, Zaïre bénéficie aujourd’hui d’une excellente édition : établie par Pierre Frantz, elle est disponible dans la collection Folio pour un coût très modique.


ŒUVRES SÉPARÉES EN MODE IMAGE


Curiosité bibliophilique, illustrations suggestives, variations dans le texte : les raisons sont nombreuses qui nous invitent à consulter les œuvres de Voltaire en mode image. Quelques textes parmi les plus célèbres permettent ainsi de surprenantes découvertes.

Brutus (édition de 1731)

Nous présentons l’édition originale de la pièce, datée de 1731 (Catalogue Bengesco n°34, t. I, p. 10, désormais Bg 34) et publiée après les quinze premières représentations. L’exemplaire proposé par ReroDoc est celui de la bibliothèque du Musée Voltaire coté D Brutus 1731/2 et surchargé de corrections manuscrites contemporaines ou agrémenté de « collettes » probablement rédigées par un proche de Voltaire.

Brutus (édition de 1736)

L’édition de 1731 a été réimprimée, au titre près, en 1736 (Bg 36). C’est cette version qui se trouve plus facilement accessible sur le net.

Candide

Bengesco signale « huit éditions différentes, publiées en 1759 sans nom de ville ni d’imprimeur, toutes tirées dans le même format, et ayant toutes un titre identique ». Difficile, dans ces conditions, de déterminer quelle est l’édition princeps… La BNF a dès lors choisi de numériser la version publiée chez Delarue en 1877 (Bg 1463).

Dictionnaire philosophique

On trouve sur Gallica l’exemplaire de l’édition originale du texte conservé à l’Arsenal : la cote correspondante au Musée Voltaire de la Bibliothèque de Genève est D Dictionnaire 2/1764/1. Rappelons que le Dictionnaire philosophique, publié à Genève sur les presses de Gabriel Grasset, fut brûlé en cette même ville par la main du bourreau dès le 26 septembre 1764, et également condamné à Rome et à Paris. Il s’agit d’une des œuvres majeures du dix-huitième siècle.

Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète

Bengesco nous prévient qu’« aucune des cinq éditions de 1742 (et il y en eut certainement d’autres) n’offre le texte authentique de Mahomet, quoique celles de Bruxelles aient donné à Beuchot une bonne correction pour la scène Ire du second acte.» C’est dire qu’il convient de compléter la lecture de l’exemplaire mis en ligne par archive.org de celle de l’édition « encadrée » des œuvres du patriarche.

La Henriade

Gallica propose une très belle édition de 1741 (Bg 374) d’autant plus intéressante qu’elle se trouve richement illustrée et a fait l’objet d’une attention particulière de Voltaire (cf. D1653 et OCV 2, pp. 240-242).

L’Ingénu

Nous avons la chance de pouvoir découvrir l’édition princeps de ce conte conservée à la BNF (Bg 1470).

Lettres philosophiques

Nous avons choisi de présenter une édition moderne de cet ouvrage essentiel pour la compréhension de la doxa voltairienne : la BNF a précisément mis en ligne l’édition que Gustave Lanson en a proposée en 1915 aux éditions Hachette. Il est toutefois prudent de se référer à une édition contemporaine et scientifiquement « à jour », de préférence celle d’Olivier Ferret et Antony McKenna aux éditions Classiques Garnier (2010).

Micromégas

Gallica propose en ligne l’exemplaire de la Réserve de la BNF : s’agit-il pour autant de l’édition princeps, comme le pensent Beuchot et Bengesco ? Les débats sont ouverts.

Œdipe

Premier succès de Voltaire dans le domaine théâtral, Œdipe est publié en 1719, alors qu’il a tout juste vingt-cinq ans.

La Pucelle d’Orléans

Première édition de La Pucelle d’Orléans «avouée» par Voltaire, le volume mis en ligne par la BNF sur le serveur Gallica a été publié à Genève, sur les presses des frères Cramer, en 1762 (Bg 488). Les estampes, au nombre de vingt, sont de Gravelot.

Le Siècle de Louis XIV

Cette édition de 1847 mise en ligne sur le serveur achive.org est une curiosité : l’abbé Du Chesne y prévient d’entrée de jeu qu’il a « retranché plusieurs passages dans lesquels l’auteur, par des insinuations malveillantes, ou par des plaisanteries déplacées, pouvait donner de la religion des idées fausses et dangereuses. » Une telle censure est heureusement impossible aujourd’hui, et il ne viendrait l’idée à personne de juger de la pertinence d’un texte de Voltaire pour des motifs religieux…

Zaïre

Le superbe exemplaire proposé en ligne sur le serveur Gallica de la BNF est l’édition princeps (Bg 54) qui faisait partie de la collection de Georges Bengesco, célèbre bibliographe de Voltaire.


MANUSCRITS

Peu de manuscrits de Voltaire sont consultables en ligne. Celui de Candide conservé à la BNF se trouve néanmoins désormais sur Gallica.

 

Il est également possible d’observer sur le site de la Bibliothèque Nationale de Russie à Saint-Pétersbourg quelques marginalia de Voltaire, c’est-à-dire quelques-unes des annotations qu’il laissait sur les livres de sa bibliothèque.


ICONOGRAPHIE ET OBJETS PHARE


S’il n’existe pas de « banque iconographique » voltairienne, il est possible de se référer à la base Joconde pour y retrouver les éléments les plus importants du patrimoine voltairien conservés en France. On pourra ainsi admirer:

Le célèbre dessin de Maurice Quentin de la Tour représentant Voltaire et conservé au musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin.

Cet autre portrait de Voltaire signé Jacques André Joseph Aved et conservé au musée des beaux-arts de Dijon.

Le portrait de la marquise du Châtelet de Marianne Loir conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux.

Le portrait de Mme Denis par Duplessis, actuellement au musée Condé de Chantilly.

Mais ce sont en général les illustrations des œuvres du patriarche ou celles des faits ayant marqué son existence qui sont le plus appréciées. « La malheureuse famille Calas » de Carmontelle conservée au département des arts graphiques du musée du Louvre est ainsi fréquemment reproduite dans de nombreux manuels.

« La mort de Coligny » de Joseph Benoît Suvée, conservée au musée des beaux-arts de Dijon, nous ramène quant à elle à l’une des pages les plus célèbres de La Henriade.

Le théâtre de Voltaire permet enfin toutes sortes d’explorations. On peut ainsi faire connaissance d’un(e) interprète spécialement remarquable: c'est le cas avec ce Portrait de Mme Grassini dans le rôle de Zaïre d' Elisabeth Vigée Le Brun, conservé au musée des beaux-arts de Rouen.

On peut également pointer du doigt telle ou telle scène particulière: celle d'«Orosmane et Zaïre» de Sébastien II le Clerc, conservée au Musée National Magnin à Dijon, est une des plus célèbres.


APPROCHER L'ŒUVRE DE VOLTAIRE


Recherche bibliographique

L’accès aux quatre volumes de la Bibliographie de Georges Bengesco est aujourd’hui possible grâce à ReroDoc : rappelons qu’il s’agit là d’un élément essentiel à la recherche voltairiste.

Les Œuvres complètes de Voltaire sont quant à elles publiées depuis plusieurs dizaines d’années par la Voltaire Foundation d’Oxford : The Complete Works of Voltaire [les Œuvres complètes de Voltaire - OCV], Genève, Institut et Musée Voltaire puis Banbury et Oxford, Voltaire Foundation, 1968-... Plus d’informations sur le site de la Voltaire Foundation.

Pour la correspondance, il convient de se référer aux volumes 85 à 135 des Complete Works of Voltaire publiés par la Voltaire Foundation, qui permettent de disposer de l'intégralité de la correspondance disponible.

D’autres éléments bibliographiques ou utiles aux chercheurs sont enfin disponibles dans les deux revues annuelles spécialisées dans l’étude de la vie et de l’œuvre de Voltaire, à savoir les Cahiers Voltaire, revue de la Société Voltaire, et la Revue Voltaire, émanation de la Société des Études Voltairiennes.

Approche biographique

La biographie de référence est celle de l'équipe de René Pomeau, Voltaire en son temps, Paris, Fayard et Oxford, Voltaire Foundation, 1985-1994 puis 1995, 2 vol. (T. 1, 1694-1759, T. 2, 1759-1778-1791)

On aura toutefois intérêt à consulter la biographie de Voltaire proposée par François Jacob dans la collection « Folio Biographies » des éditions Gallimard, en 2015.

Voltaire sur le web

Outre le Musée Voltaire de la Bibliothèque de Genève, familier à tous nos visiteurs, les deux centres névralgiques de la recherche voltairiste sont assurément la Voltaire Foundation d’Oxford  et la Bibliothèque Voltaire de la Bibliothèque Nationale de Russie, où se trouve la bibliothèque du patriarche jadis achetée à Mme Denis, nièce et héritière de Voltaire, par Catherine II.

Les deux sociétés savantes spécialisées dans l’étude de Voltaire, la Société des Études Voltairiennes et la Société Voltaire, ont bien entendu un site auquel il est possible de se référer.

Nos visiteurs n’auront garde enfin d’oublier la seule revue électronique native consacrée à Voltaire et à sa maison des Délices, à savoir la Gazette des Délices, créée en 2004 dans le cadre des activités de la Bibliothèque de Genève et qui a atteint à l'été 2016 son cinquantième numéro.

François Jacob

institut.voltaire(at)ville-ge.ch
T: +41 22 418 95 60