Découvrez les bibliothèques de la Ville de Genève
Toute l'offre culturelle


  • La Bibliothèque de Genève déploie sur 4 sites un patrimoine écrit, imprimé, musical et iconographique unique qu’elle sélectionne, protège, valorise et transmet au grand public comme au public scientifique.
  • Site internet de la Bibliothèque de Genève


  • Les Bibliothèques municipales sont des lieux de rencontre, de découverte et de partage qui vous proposent de nombreux documents à emprunter ainsi que des activités gratuites pour petit-e-s et grand-e-s.
  • Site Internet des Bibliothèques municipales


  • Les musées d’art et d’histoire, le Musée d’ethnographie et le Museum d’histoire naturelle, les Conservatoires et Jardin botaniques et le Fond municipal d’art contemporain proposent un accès à leur bibliothèque scientifique .
  • Site internet


  • Vous avez une question et vous souhaitez une réponse personnalisée? Le réseau des bibliothèques genevoises vous offre, en moins de trois jours, un résultat fiable et des sources identifiées.
  • Service Interroge

Historique

La Bibliothèque de Genève mène une politique active en matière d'acquisitions. Ouvrages précieux, manuscrits, photographies ou affiches, entre autres, comptent parmi les achats de l'institution. Cette rubrique présente des pièces exceptionnelles acquises par la Bibliothèque de Genève dans le courant de l'année.

Vierge à l’Enfant

Enlumineur dans la mouvance du Maître du Prince de Piémont,

Vers 1470, 170 x 119 mm
Bibliothèque de Genève ; Ms. fr. 199

"Vierge à l’Enfant", Enlumineur dans la mouvance du Maître du Prince de Piémont, Vers 1470-1480, 170 x 119 mm, Bibliothèque de Genève ; Ms. fr. 199 recto.

Extraite d’un livre d’heures en français, cette enluminure a été signalée par François Avril et acquise en décembre 2016 chez un libraire à New-York. Un livre d’heures est un livre de prières destiné aux laïcs. Il tire son nom des heures canoniales qui rythmaient le temps de prière des ordres religieux et du clergé  tout au long de la journée.

Dans l’image principale, la Vierge couronnée est assise sur un trône, derrière lequel apparaissent des anges. Elle présente l’Enfant, nu, auquel les commanditaires, agenouillés au premier plan, adressent leurs prières, inscrites dans des phylactères : l’homme est vêtu d’une armure ; son épouse, d’un costume à la mode des années 1470. Dans la marge, un Arbre de Jessé montre, à mi-corps dans des médaillons, les ancêtres de la Vierge, notamment le roi David avec sa harpe. Largement reprise, l’enluminure se caractérise par une naïveté presque brutale qui s’inscrit néanmoins dans le sillage du Maître du Prince de Piémont et du Maître du missel Bonivard. Bien que modeste, elle revêt un grand intérêt, dans la mesure où elle compte parmi les très rares témoignages de la peinture produite à Genève au XVe siècle.

L’appartenance de ce livre d’heures à une famille genevoise, dont seul ce feuillet nous est parvenu, est confirmée pas des annotations dans les marges et au verso de l’enluminure. Son propriétaire, Pierre Lévrier, notaire, conseiller et syndic en 1496, a inscrit les noms et les dates de naissance de trois de ses enfants qu’il a eu de sa femme Angélina entre 1488 et 1491 : Amedeus (Ami ou Amé), Domenica et Philiberta.

"Vierge à l’Enfant", Enlumineur dans la mouvance du Maître du Prince de Piémont, Vers 1470-1480, 170 x 119 mm, Bibliothèque de Genève ; Ms. fr. 199 verso.

Ces annotations rappellent les "livres de raison", sorte de registres de comptabilité domestique tenus par les pères de famille, comportant également des notations d’évènements familiaux, tels que naissance et décès. On trouve ces informations généralement au début des livres d’heures.

L’acquisition de ce feuillet est remarquable.  Celui-ci enrichit nos connaissances sur l’activité artistique de cet enlumineur genevois. Il fournit d’autre part une information précieuse sur un personnage qui a marqué l’histoire genevoise dans le premier quart du 16e siècle. En effet, en l’absence de registres de baptêmes, on ignorait jusqu’à présent la date de naissance d’Ami Lévrier, martyr de l’indépendance genevoise qui avait pris fait et cause pour les Eidguenots conduits par Philibert Berthelier et Besançon Hugues. Ami Lévrier avait été sommairement jugé pour trahison par les officiers du duc de Savoie Charles III et exécuté à Bonne le 13 mars 1524.

Grâce à ce feuillet, nous savons désormais que Ami Lévrier est né le 11 février 1488 et qu’il fut porté sur les fonts baptismaux par son parrain Amedeus Quarterii, curé de Cusy en Haute Savoie et vicaire de l’église de Saint-Gervais.

Cette nouvelle acquisition complète la collection des 18 livres d’heures en latin conservés à la Bibliothèque de Genève.

Paule Hochuli Dubuis - Frédéric Elsig