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Historique

Centre d’investigation sur Voltaire et les Lumières, le Musée Voltaire s’investit principalement dans deux axes de recherche majeurs: «Éditer Voltaire» et «Voltaire posthume».

Gentil-Bernard, L'Art d'aimer, poème, manuscrit autographe avec corrections de Voltaire, IMV MS 17

«Éditer Voltaire» est l’un des quatre axes de recherche du projet Sinergia intitulé Herméneutique des Lumières et présenté au Fonds National de la Recherche Suisse par l’Université de Genève, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève (Musée Voltaire). Ce projet, dirigé par Brenno Boccadoro (Université de Genève), François Jacob (Musée Voltaire, Bibliothèque de Genève), Martin Rueff (Université de Genève, requérant principal) et Mariafranca Spallanzani (Université de Bologne), vise à construire une nouvelle compréhension des Lumières à partir d’une réflexion sur les théories et les pratiques de la compréhension mises en œuvre par les Lumières elles-mêmes.

«Voltaire posthume» ne traitait quant à lui initialement que de la «Correspondance posthume» de Voltaire, c’est-à-dire de toutes les lettres et de tous les documents traitant de Voltaire à partir du jour de sa mort, le 30 mai 1778. Il est toutefois très vite apparu qu’il fallait, pour des raisons pratiques, dissocier deux types de volumes: ceux qui, proches de la date du 30 mai 1778, nécessitent une attention privilégiée et exigent de recevoir un ordonnancement chronologique; et ceux qui pourraient au contraire donner lieu à une présentation synthétique (p. ex. un volume sur l’édition de Kehl, un autre sur Voltaire pendant la Révolution, un sur l’iconographie voltairienne, etc.). Ce qui n’était encore que «Correspondance posthume» est alors devenu, presque naturellement, «Voltaire posthume».

Herméneutique des Lumières: éditer Voltaire

Nous proposons d’étudier, sur pièces, comment les penseurs des Lumières ont conçu le geste éditorial – qu’il s’agisse d’éditer les textes sur lesquels ils bâtissent leur propre discours ou de s’éditer à leur tour – et comment leurs successeurs, cette succession fût-elle limitée à la seule chronologie, ont eux-mêmes édité les Lumières. Cette double posture de départ (les Lumières éditrices avant d’être éditées, d’abord au cœur du 18e siècle puis, dans une perspective plus large, dans les 200 ans qui suivirent) permet une postulation simple mais qui vient contredire la thèse généralement adoptée d’un 18e siècle éloigné de toute perspective herméneutique. Étudier la manière dont les penseurs des Lumières ont choisi de s’éditer, c’est-à-dire de figer un sens dont on pourrait imaginer, en ce siècle de la conversation, qu’il tend à échapper à la conservation de l’écrit, c’est véritablement s’interroger sur la manière dont les Lumières se comprennent elles-mêmes. On peut le faire à deux niveaux: celui, d’abord, d’une étude approfondie des strates d’émergence du sens à travers, par exemple, une attention scrupuleuse portée aux manuscrits d’œuvres marquantes (les outils utilisés sont alors, dans l’ordre, la description archivistique, l’étude paléographique et la critique génétique); celui, ensuite, d’une attention plus soutenue apportée aux pratiques d’édition au temps des Lumières. Si nous avons choisi de privilégier le premier aspect, en nous focalisant sur les œuvres de Rousseau et Voltaire, ces deux figures majeures des Lumières, les pratiques éditoriales ne seront pas oubliées pour autant: c’est ainsi que les archives Beaumarchais, où sont réunis tous les documents témoins de la progression de l’édition de Kehl (première édition posthume des œuvres de Voltaire, orchestrée par Beaumarchais), feront, dès le départ, l’objet d’une attention suivie.

Encore faut-il, pour compléter le cercle herméneutique et être à même d’envisager ce moment central des Lumières dans sa globalité, en évaluer l’héritage. Ou plutôt évaluer la manière dont cet héritage a été préalablement conçu, pensé, ratifié, au 18e siècle dans un premier temps (quelques figures centrales apparaissent, au premier rang desquelles Suard) et, ensuite, dans les 200 ans qui suivirent (avec une insistance particulière sur ces trois moments-clés que sont le romantisme naissant, les années précédant la Première Guerre mondiale et, 60 ans plus tard, la naissance des sciences cognitives). Comment les Lumières ont-elles été éditées par leurs successeurs? Et n’est-il pas nécessaire de remonter à la source – le manuscrit – pour examiner, à travers les éditions qui en ont été faites, les lignes interprétatives qui se sont dessinées, et à travers elles l’influence du contexte ou le poids de certains prérequis, qu’ils soient d’ordre technique, philosophique ou politique? On le voit: c’est par une double perspective, à la fois synchronique et diachronique (examiner certains penseurs majeurs du 18e siècle en train de penser leur propre pensée, de concevoir leur propre perception des phénomènes et des idées, et s’attarder sur la manière dont ils ont été compris à leur tour), qu’il sera possible d’émettre quelques hypothèses en vue d’une théorie globale de la compréhension des Lumières. Premier échelon de cette théorie, mais échelon indispensable en ce que se profile, avec l’écriture, l’émergence même du sens, le groupe «Éditer» entre pleinement dans l’hypothèse d’une «Herméneutique des Lumières» dont on s’aperçoit très vite, pour reprendre cette image chère à Diderot, qu’elle est tout sauf aveugle.

Voltaire posthume: un projet sur plus de 200 ans…

On compare souvent la manière dont ont travaillé, parallèlement et sur des auteurs proches, Théodore Besterman et Ralph Leigh. Tandis que le premier refusait de publier la Correspondance définitive de Voltaire au-delà de la date de la mort du patriarche, le 30 mai 1778, le second poursuivait au contraire la publication de la Correspondance complète de Rousseau jusqu’à l’extrême fin de la Révolution et abordait, chemin faisant, le vaste domaine de la réception des œuvres et de la pensée du Citoyen de Genève.

L’édition de la Correspondance définitive de Voltaire par Besterman pèche de surcroît sur les plans scientifique et méthodologique. Sur le plan scientifique, parce que de nombreuses erreurs de datation ou d’attribution, dues à la hâte avec laquelle travaillait Besterman, sont aujourd’hui décelables; sur le plan méthodologique, parce que le classement chronologique adopté par le milliardaire anglais s’est malheureusement accompagné d’une volonté d’offrir une cotation elle aussi définitive à l’édition du même nom.

La Voltaire Foundation a tenté de remédier aux problèmes posés par la Correspondance définitive en développant un site susceptible d’accueillir les lettres inconnues de Besterman. Mais cette initiative, si louable soit-elle, ne comble aucunement le caractère lacunaire de l’accompagnement scientifique de chaque lettre, et ne résout pas non plus les problèmes posés par une cotation trop rigide. Elle ignore enfin le vaste domaine de la réception de l’œuvre du patriarche après sa mort, pourtant essentiel à qui veut comprendre Voltaire (il n’est que de songer au problème du transfert de sa bibliothèque à Saint-Pétersbourg, à l’avenir du domaine de Ferney, à la naissance de l’édition de Kehl, à l’histoire de la sépulture et de la panthéonisation de Voltaire, à la constitution de l’image duelle Voltaire/Rousseau, etc.)

S’il n’est évidemment pas question de refaire la Correspondance définitive, le temps est en revanche venu, semble-t-il, de procéder à son élargissement et d’impulser un projet de Voltaire posthume. Un comité éditorial géographiquement basé aux Délices fait en ce moment même les premiers choix stratégiques quant à la nature de l’édition projetée et aux moyens de sa diffusion (protocole scientifique, choix de l’éditeur, mode de recrutement des collaborateurs, partenariats à établir avec des sociétés savantes ou centres de recherche, etc.). Des volumes thématiques sont également envisagés: Voltaire et la République, etc. La Gazette des Délices se fera l’écho des progrès de l’équipe constituée et des travaux en cours.

Rue des Délices 25
1203 Genève

T: +41 22 418 95 60
F: +41 22 418 95 61
institut.voltaire(at)ville-ge[dot]ch

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Du lundi au vendredi, de 14h - 17h
Ouverture du Musée le premier samedi de chaque mois, de 14h à 17h
La bibliothèque est accessible le matin, sur rendez-vous.

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