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Archives Interroge - Question / réponse

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D'où vient la répartition des couleurs bleu pour les garçons et rose pour les filles ?

Question répondue le 07.10.2013


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service InterroGE, voici le résultat de nos recherches :

« Il semble acquis pour tout le monde que le rose est une couleur pour les filles et le bleu pour les garçons." - peut-on lire dans un travail produit dans le cadre de la Haute école de travail social de Fribourg http://www.hefr.ch/edc/bonASavoir.html. - "Mais il n’en a pas toujours été de même : au Moyen Âge, le rose, comme déclinaison du rouge, était la couleur du soldat, du guerrier donc de l’homme, alors que le bleu était la couleur de la Vierge Marie, et donc des femmes. Vers la moitié du XIXème, les attributions s’inversent (les hypothèses sont nombreuses, mais aucune n’est généralement admise dans les milieux de l’histoire). Il est intéressant de noter que cette association des couleurs avec un sexe défini ne touchait auparavant que les adultes ou les enfants. Les bébés étaient vêtus de blanc (les teintures n’étant pas assez tenaces pour survivre aux lavages fréquents). Cette couleur symbolisait aussi la pureté et l’innocence de l’enfance. »

« La tradition de différencier filles et garçons par ces deux couleurs est si vive que l’on peine à croire qu’elle ne remonte qu’au 19e siècle, et ne sera véritablement dans les mœurs qu’en 1930. Les traditions folkloriques françaises attestent que les couleurs étaient même inversées : un ruban rouge ou rose pour les garçons et un blanc ou un bleu pour les filles étaient apposés sur la tenue de baptême pour éviter les confusions. Le bleu, couleur de la Vierge, était dévolu aux filles ; or selon Elyzabeth Erwin, ce fut justement parce que cette couleur céleste avait la réputation d’éloigner le diable que l’on colora les garçons de bleu, les filles appelant une protection moins vigilante à cause de la moindre importance dans laquelle elles étaient tenues. Il est toutefois difficile de déterminer l’origine de cette coutume, mais force est de constater qu’elle demeure l’une des seules règles à laquelle les mères ne sauraient faillir. » nous dit Marie Simon dans le livre « La mode enfantine » http://bit.ly/1garKdp.

Jo B. Paolini, historienne à l’université du Maryland aux Etats-Unis, vient de publier en 2013 « Pink and Blue : Telling the Girls from the Boys in America » (Rose et bleu : différencier les filles des garçons aux Etats-Unis). Dans un entretien donné au "Smithsonian Magazine" http://bit.ly/1garUBl, elle explique que pendant des siècles filles et garçons auraient porté la même robe blanche jusqu’à l’âge de 6 ans, le coton blanc étant plus facile à blanchir qu’un tissu de couleur.
Dès la moitié du 19e s., rose et bleu, ainsi que d’autres couleurs pastel, font partie de la garde-robe enfantine, mais ne sont pas encore attribués à un genre en particulier, et ce, jusqu’à la Première guerre mondiale. Le rose, sorte de rouge, aurait même été considéré une couleur plus forte et décidée, et attribué plutôt aux garçons.
Ce serait à partir des années 1940, avec l’arrivée de la fabrication industrielle d’habits, le marketing et la publicité, que la norme du rose pour les filles et bleu pour les garçons est fixée, et ce, de l'avis de Mme Paolini, de façon tout-à-fait arbitraire.
L’auteur parle elle-même de son livre dans cet enregistrement d’une conférence donnée dans une université américaine (vidéo en anglais). http://bit.ly/1gas77I

Enfin, il est peut-être intéressant de noter que – d’après Michel Albert-Vanel, « Rouge et bleu, […] constituent les deux couleurs extrêmes du spectre, que tout sépare. Traditionnellement, le bleu représente les forces conservatrices, alors que le rouge représente les forces révolutionnaires et progressistes. […]. » http://bit.ly/1gasgb7

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques Municipales de la Ville de Genève pour InterroGE

http://www.ville-ge.ch/bm

http://www.interroge.ch