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Archives Interroge - Question / réponse

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Pourquoi certaines inscriptions en latin utilisent la lettre "n" inversée ?

Question répondue le 09.11.2016


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Il existe plusieurs explications en fonction du lieu et de la date à laquelle ses inscriptions auraient été rédigées :

Les inscriptions sur pierre ou inscriptions lapidaires faites en Gaule peuvent comporter ce type de lettres inversées. Camille Jullian, auteur de l'ouvrage "Gallia : tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine" http://data.rero.ch/01-R005508686 explique ceci :

« La langue n’est pas sensiblement plus mauvaise que dans les autres provinces reculées de l’empire. Dans les inscriptions gravées pour de petites gens, les archaïsmes, les locutions populaires, les incorrections abondent ; mais ces particularités ne sont pas différentes de celles que présentent les épitaphes de la plèbe rurale de l’Italie ou du bas peuple de Rome. […]

Au milieu du IIe siècle, la décadence commence pour les lapicides comme pour les artistes de l’empire, et en Gaule comme ailleurs : il n’y a plus de symétrie dans la disposition des lettres et des mots : la gravure est tâtonnante, on dirait que le coup de ciseau du graveur tremble et glisse ; les lettres sont trop allongées ou trop pâteuses : on sent, à chaque génération, grandir l’influence de l’écriture courante ou cursive sur le type lapidaire […]. 

Il est presque inutile d’ajouter qu’il y a beaucoup plus d’inscriptions mal gravées en Gaule que dans le reste de l’empire […]. La Gaule, en épigraphie comme pour le reste, n’est qu’une province romaine. Ces inscriptions sont dues presque toutes à l’initiative privée ; les Gaulois les ont gravées à leur guise, et ils ont toujours essayé de le faire à la manière latine. »

Andrew Lintott, auteur de l'ouvrage "Judicial reform and land reform in the Roman Republic" http://data.rero.ch/01-1688404 , met en cause l'illettrisme de certains graveurs sur pierre :

« The engraver of the agrarian face […] commits some mistakes which cast grave doubts on is basic literacy. […] We should suppose a man, who copied mechanically a text before his eyes, without much sense of what constituted plausible spelling, or a man who engraved what was read to him letter by letter. »

Camille Jullian faisait également référence à l'influence de l'écriture cursive. L'encyclopédie "Imago Mundi" dans son article concernant l'histoire de la lettre N inversée http://www.cosmovisions.com/lettre-N.htm précise qu'« Au Moyen âge, du XIIe au XVe siècle, il arrive assez souvent que l'N majuscule de forme capitale à la barre oblique qui unit les deux jambages renversés, c.-à-d. qu'elle unit l'extrémité inférieure du jambage de gauche à l'extrémité supérieure de celui de droite. Cette particularité doit provenir de la forme cursive dans laquelle la liaison réunissant les deux jambages part de l'extrémité inférieure du premier. »

Internet regorge d'interprétations plus ésotériques voire symboliques que nous avons choisi d'ignorer et que nous vous laissons rechercher si le sujet vous intéresse.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

http://www.interroge.ch

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