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Archives Interroge - Question / réponse

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En brisant la marmite de l'Escalade, faut-il dire "Ainsi périrent les ennemis de la République" ou "Qu'ainsi périssent les ennemis de la République" ?

Date de la réponse: 02.12.2015


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Nous n'avons pas trouvé de référence historique concernant cette phrase pourtant citée très régulièrement dans les récits actuels de l'Escalade. Sur Internet nous trouvons les deux formes :

La page consacrée à l'Histoire de l'Escalade http://www.ville-geneve.ch/histoire-chiffres/histoire-escal
ade
sur le site de la Ville de Genève indique que :

« C'est aussi l'occasion de déguster la fameuse marmite en chocolat, en hommage au courage de la Mère Royaume, qui aurait ébouillanté un ennemi avec sa marmite de soupe. Une fois la phrase rituelle prononcée : "Ainsi périrent les ennemis de la République", la coutume veut que le plus jeune et le plus vieux de l'assemblée brisent ensemble la marmite, pour y découvrir des légumes de massepain et des bonbons accompagnés de petits pétards. »

Vous pourrez lire sur le site des Traditions vivantes répertoriées par l'Office fédéral de la culture (OFC) à la page consacrée à l'Escalade http://www.lebendigetraditionen.ch/traditionen/00124/index.
html?lang=fr
ceci :

« "Ainsi périssent les ennemis de la République !". Par le bris d’une marmite en chocolat, les Genevois célèbrent chaque année leur improbable victoire sur le Duc de Savoie. »

Le site de la Société des Vieux grenadiers de Genève http://www.vieuxgrenadiers.ch/us-et-coutumes/8-fete-de-lesc
alade.html
indique quant à lui la phrase suivante : « Et qu'ainsi périssent les ennemis de la République. »

Dans un article de la Feuille d'avis officielle (FAO) de la République et canton de Genève daté du 11 septembre 2002 sur "La mère Royaume" http://www.ge.ch/Fao/2002/20020911.asp , nous pouvons lire :

« En cette année de célébrations du 400ème anniversaire de l'Escalade, quoi de plus naturel que de consacrer un texte à la Mère Royaume. Fêté chaque 12 décembre par une marmite en chocolat aux cris de "Qu'ainsi périssent les ennemis de la République !", son acte héroïque demeure l'un des plus célèbre de la nuit de l'Escalade. »

Bernard Lescaze s'est penché sur la tradition de la marmite en chocolat dans son texte "Escalade et coutumes de table : de quand date la marmite en chocolat ?" http://data.rero.ch/01-1339509  paru dans la "Revue du vieux Genève" http://data.rero.ch/01-0063131  en 1991 :

A la page 96, Bernard Lescaze cite « la formule traditionnelle "Ainsi périssent les ennemis de la République". »

Quant à l'origine de la marmite en chocolat il écrit : « En l'état on peut dire que la marmite d'Escalade, telle qu'elle est connue et appréciée à la fin du XXe siècle, au point qu'on n'imaginerait pas de repas d'Escalade sans elle, n'a été introduite à Genève que dans la décennie 1870-1880, et probablement à la fin de la décennie. »

Il faudrait ensuite se pencher sur l'historique de la commémoration de l'Escalade pour éventuellement en savoir plus sur cette question.

Le document "L'Escalade de Genève - 1602 : histoire et tradition" http://data.rero.ch/01-1246817  de Paul-Frédéric Geisendorf est intéressant à consulter, en particulier le chapitre écrit par Jean-Pierre Ferrier "Histoire de la fête de l'Escalade" aux pages 489 à 530.

La cote Gf 555 à la Bibliothèque de Genève est consacrée à l'Escalade et à sa commémoration de 1902-1903 et on y trouve beaucoup de textes, pamphlets, et chansons qui permettraient éventuellement de retrouver l'origine de cette phrase mythique de la célébration de l'Escalade.

Enfin, une recherche dans les archives du "Journal de Genève" http://www.letempsarchives.ch indique que la version « Qu'ainsi périssent les ennemis de la République » apparait 42 fois entre 1826 et 1992 contre deux fois seulement pour la version « Ainsi périrent les ennemis de la république ».

Peut-être cette phrase est-elle à adapter aux contextes actuels, à chacun selon sa conscience ou selon le moment vécu :

L'usage de la forme verbale au passé simple "périrent", situe l'événement une fois en 1602 et on imagine que ce cas de figure ne se reproduira plus, même si on a plaisir à commémorer l'événement.

L'usage de la phrase au subjonctif présent, qui semble être la plus commune, peut aussi être une forme d'avertissement, attention ne vous attaquez pas à la République de Genève : « Qu'ainsi périssent les ennemis de la République ». Que ce soit dans le passé ou dans le futur pour marquer que les Genevois peuvent se montrer féroces, afin de préserver leur indépendance.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque de Genève http://www.ville-ge.ch/bge  

pour Interroge http://www.interroge.ch