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Archives Interroge - Question / réponse

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Je recherche des renseignements sur la conduite de vergers en hutins qui se pratiquait autrefois

Date de la réponse: 01.11.2017


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Selon les documents que nous avons consultés, la culture en hutins se rapporte uniquement à la culture de la vigne en hauteur sur des arbres. Nos sources ne décrivent pas sous ce terme la culture d’arbres fruitiers.

Le terme « hutin » ne semble être utilisé qu’en Suisse romande. Nous trouvons cette définition dans le "Glossaire du patois de la Suisse romande" http://data.rero.ch/01-0118271 (également consultable en ligne https://lc.cx/NaPt ) de Philippe-Sirice Bridel : « utins, uteins, hauteins, s. m. pl. Vigne qui monte sur des appuis fort élevés, placés en lignes très espacées, entre lesquelles il y a un terrain ensemencé (Coppet) ».

En France, ce mode de culture est connu sous le terme de « hautain ». Le "Larousse agricole" http://data.rero.ch/01-1951024 , publié en 1921-1922, en donne une définition complète et, surtout, délivre quelques-unes des causes de son abandon :

« hautain (vitic.). – Nom donné aux vignes cultivées sur souches élevées et dont les fruits sont ainsi à une assez grande hauteur du sol. On donne aussi le nom de hautains aux arbres ou aux grands échalas qui soutiennent les vignes ainsi conduites. On fait monter la vigne sur des arbres morts appelés "crosses" ; au pied de chaque crosse on plante trois ceps que l’on fait grimper peu à peu au tronc, puis jusque sur les branches de l’arbre mort ; les branches à fruit sont recourbées en archet et attachées à la crosse. C’est un mode de conduite employé dans les départements savoisiens (où l’on utilise des érables champêtres, des merisiers vivants ou des châtaigniers abattus exprès en forêt et transportés dans le vignoble, où ils sont plantés solidement, après écorçage), dans l’Isère, la Haute-Garonne et les Basses-Pyrénées. Dans les Hautes-Pyrénées, on voit encore de véritables forêts d’arbres taillés régulièrement et soutenant un ou deux ceps de vigne plantés à leur pied. Ces arbres vivants nuisent à la vigne aussi bien par leurs racines, qui absorbent une partie des éléments fertilisants, que par leurs feuilles, qui empêchent les rayons du soleil d’arriver jusqu’aux raisins […]. La conduite des vignes en hautain présente l’avantage de les garantir contre les gelées de printemps, mais présente aussi de sérieux inconvénients ; il est assez difficile d’exécuter les opérations de la taille, les traitements anticryptogamiques ou insecticides, la vendange, etc. ; de plus, les raisins, étant disposés à une très grande hauteur, sont souvent insuffisamment mûrs ».

Le "Dictionnaire d’agriculture" http://data.rero.ch/01-R003909392 de Jean-Augustin Barral, qui a été numérisé par la Bibliothèque nationale de France (BNF) https://lc.cx/NHVe , présente des illustrations de vignes en hautain sur crosse et sur arbres vivants. Ce dictionnaire précise aussi que l’« on fait usage des hautains dans les vallées des contrées exposées à l’action des gelées du printemps, tandis que les coteaux sont plantés en vignes basses ; c’est ce qui a lieu par exemple dans l’Isère, la Savoie, la Haute-Savoie, quelques parties du département de l’Ain, de la Haute-Garonne, des Hautes et des Basses-Pyrénées. Dans la Toscane et une partie de l’Italie centrale, la culture en hautains est partout usitée. Les vignes en hautains donnent toujours des produits inférieurs comme qualité à ceux des vignes basses […]. »

Pour revenir au terme de « hutin » et à la région genevoise, le livre "Les maisons rurales du canton de Genève" http://data.rero.ch/01-R004238834 évoque l’apparition de cette technique en pages 34-35. Ces pages ont aussi été publiées dans la revue "Mémoire de Confignon" https://lc.cx/NH9V disponible en ligne.

La toponymie de nos régions conserve le souvenir des hutins. Ainsi en est-il du chemin des Hutins http://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/chemin-des-huti
ns-0
à Confignon, du chemin des Hutins http://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/chemin-des-huti
ns
à Anières, du chemin des Grands-Hutins http://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/chemin-des-gran
ds-hutins
à Céligny, du chemin des Hutins-Goulus http://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/chemin-des-huti
ns-goulus
à Genthod ou encore du chemin des Hutins-des-Bois http://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/chemin-des-huti
ns-des-bois
à Chêne-Bourg.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque des Conservatoire et Jardin botaniques http://www.ville-ge.ch/cjb/bibliotheque.php

pour http://www.interroge.ch