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Archives Interroge - Question / réponse

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La programmation neuro-linguistique (PNL) affirme que les personnes ont des registres sensoriels privilégiés pour percevoir le monde. Est-ce que ces facultés sensorielles sont liées à l'enfance ou à autre chose ?

Date de la réponse: 16.10.2018


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

En novembre 2014 notre service à répondu à la question suivante : « Selon la "programmation neuroliguistique" (PNL), chaque individu aurait une dominante visuelle, auditive, kinesthésique, et, pour certaines écoles olfactive ou gustative. Je ne trouve rien sur internet indiquant le pourcentage de chacune de ces catégories dans la population. Pourriez-vous m'aider ? » https://bit.ly/2IQD16A . Dans notre réponse nous indiquions la définition de la Programmation neuro-linguistique (PNL) proposée par le site "Santé-médecine.net" https://bit.ly/2RLeio8 : « la programmation neuro-linguistique ou PNL est une technique créée aux États-Unis dans les années 70 par Richard Bandler et John [Grinder]. La PNL permet de s'améliorer et d'améliorer ses échanges avec autrui grâce à la modélisation des comportements de réussite dans le but de les analyser et d'en comprendre les fonctionnements afin de les reproduire pour sa propre réussite. »

Pour tenter d’apporter des éléments de réponse à votre question, le livre "La PNL : communiquer autrement" https://bit.ly/2yyxBsk de Catherine Cudicio nous apprend la chose suivante : « La PNL admet comme présupposé de départ que le "câblage neuronal" de base, c’est-à-dire les dispositifs neurologiques, serait équivalent pour tous. Si tout le monde ne développe pas ce potentiel de la même façon, c’est en raison des conditions psychologiques, relationnelles et sociales, différentes pour chaque individu. »
Plus loin nous pouvons encore lire que « L’information transmise par les sens est codée sous forme de représentations, c’est l’hypothèse de travail utilisée en PNL. Ces représentations sensorielles forment les toutes premières différences caractéristiques d’une représentation du monde. »

C’est cette idée qui est formulée dans la phrase du linguiste Alfred Korzybski et qui exprime un des présupposés de la PNL : « la carte est différente du territoire qu’elle représente. » Comme le dit Catherine Cudicio : « [cette phrase] signifie que nous n’agissons pas directement sur la réalité, mais sur une représentation de celle-ci : notre carte du monde. »

Dans l’article de Michael Balavoine "Comment se forme un souvenir dans notre mémoire ?" https://bit.ly/2pNQao6 disponible sur le portail médical suisse "Planète Santé", on peut lire que : « Les expériences vécues sont d’abord captées par nos sens (vue, ouïe, toucher, odorat). Puis, elles sont mémorisées par notre cerveau grâce à son réseau câblé de 100 milliards de cellules nerveuses, les neurones, reliées entre elles par des axones. […] La première étape est la mémoire dite perceptive ou sensorielle. C’est elle qui nous permet d’avoir une perception continue de la réalité. Pour se souvenir de quelque chose, il faut l’avoir perçu ou pensé. En effet, une multitude d’informations nous parviennent sans que nous les enregistrions. Quand notre cerveau considère un son, une image, ou une sensation physique, cette perception entre automatiquement dans la mémoire sensorielle. Mais celle-ci ne dure qu’une seconde et l’on n’est généralement pas conscient de ce qu’elle contient. »

Dans une interview https://bit.ly/2CG9uw2 disponible sur le site de l’Observatoire de la santé visuelle et auditive, le directeur de recherche au CNRS Emmanuel Barbeau, nous explique que : « [La mémoire sensorielle] se développe tôt dans l’enfance et ce, jusqu’à l’adolescence. Son rôle, qui est d’optimiser la rapidité et l’efficacité du traitement de l’information par le cerveau, est essentiel lors de l’apprentissage. Les nourrissons âgés de quelques mois développent des circuits cérébraux par ailleurs pré-cablés pour traiter les visages. Détecter la présence d’un visage dans notre environnement prend au cerveau moins de 100 millisecondes et reconnaître un visage familier, moins de 200 millisecondes. »
A la question « Quels sont les principaux facteurs influant sur la mémoire sensorielle ? » Emmanuel Barbeau répond : « Il y a d’abord l’attention portée aux informations traitées, que l’on appelle la profondeur de traitement, et aussi la coloration émotionnelle des informations. Lorsque vous êtes concentré sur votre smartphone pour comprendre son fonctionnement, les informations traitées sont encodées de façon profonde et efficace dans la mémoire à long-terme.
Concernant les émotions, elles influent aussi sur la mémoire sensorielle. Ainsi, les émotions négatives, comme la tristesse, détournent notre attention vers nos états internes désagréables. Elles peuvent donc avoir un effet délétère sur la mémoire. À l’inverse, les émotions positives (joie par exemple) peuvent nous aider à mieux mémoriser les informations. Cependant, en cas d’événement traumatique, notre cerveau aura tendance à mémoriser ces informations (stress post-traumatique), ce qui pourra handicaper notre fonctionnement. Les images violentes reviennent en boucle et menacent notre intégrité psychique. »
Quant à « l’idée que chacun d’entre nous ait un canal sensoriel privilégié (visuel, auditif, kinesthésique) pour mémoriser est très répandue… »  Emmanuel Barbeau poursuivait ainsi: « Il existe peu d’informations scientifiques sur ce point. Pour moi, il s’agit d’un mythe. On utilise tous notre cerveau et l’ensemble de nos sens au maximum, même si on a des traits de personnalité différents. [...] »

Un autre éclairage nous vient de Claude Traube dans l’article "PNL et plasticité neuronale" https://bit.ly/2PvMItM paru en 2008 dans la revue "Métaphore" de la fédération NLPNL : « La plasticité neuronale est peut-être une notion qui est déjà familière à certains d’entre vous. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a encore peu de temps, on pensait que le cerveau était un magnifique organe qui ne changeait pas. […] Grâce à l’imagerie à résonance magnétique entre autres, les spécialistes des neurosciences ont découvert que les choses sont beaucoup moins figées et que des zones du cerveau peuvent prendre le relais d’autres zones endommagées, que de nouvelles connexions synaptiques se créent à tout instant. Antonio Damasio a déjà décrit ces nouvelles conceptions dans des livres passionnants : "L’erreur de Descartes" http://bit.ly/2ROtd0S et "Spinoza avait raison" http://bit.ly/2QLD3iW . Les événements de notre vie laissent de nouvelles traces ainsi que les apprentissages et chaque nouvelle réorganisation neuronale a pour conséquence que nous sommes à chaque instant différents. »

Pour finir rappelons les propos de Catherine Cudicio citée précédemment : « La PNL ne détient aucune vérité, n’exclut aucune autre démarche de psychologie appliquée, mais les complète utilement. Bandler et Grinder ont étudié différentes méthodes, pour n’en retenir que les constants répondants à leur critère d’efficacité. Ni philosophe, ni idéologue, la PNL est un ensemble de connaissances qui nous rend plus attentifs et facilite la vie et les relations avec les autres. La PNL se fonde sur des données observables et quelques hypothèses susceptibles d’évoluer, ce qui doit nous inciter à conserver un certain recul critique. La PNL considère les personnes avant tout comme des êtres capables de s’adapter. »

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève http://www.bm-geneve.ch

Pour http://www.interroge.ch