Découvrez les bibliothèques de la Ville de Genève
Toute l'offre culturelle


  • La Bibliothèque de Genève déploie sur 4 sites un patrimoine écrit, imprimé, musical et iconographique unique qu’elle sélectionne, protège, valorise et transmet au grand public comme au public scientifique.
  • Site internet de la Bibliothèque de Genève


  • Les Bibliothèques municipales sont des lieux de rencontre, de découverte et de partage qui vous proposent de nombreux documents à emprunter ainsi que des activités gratuites pour petit-e-s et grand-e-s.
  • Site Internet des Bibliothèques municipales


  • Les musées d’art et d’histoire, le Musée d’ethnographie et le Museum d’histoire naturelle, les Conservatoires et Jardin botaniques et le Fond municipal d’art contemporain proposent un accès à leur bibliothèque scientifique .
  • Site internet


  • Vous avez une question et vous souhaitez une réponse personnalisée? Le réseau des bibliothèques genevoises vous offre, en moins de trois jours, un résultat fiable et des sources identifiées.
  • Service Interroge

Archives Interroge - Question / réponse

Retrouvez nos réponses archivées. Leur contenu pouvant devenir obsolète, nous vous rendons attentifs à la date de publication.

Pourquoi fêter le "Jeûne genevois" un jeudi plutôt qu'un vendredi ? Pourquoi Genève a choisi de se démarquer des autres cantons (Jeûne fédéral) au niveau de la date ?

Date de la réponse: 17.09.2013


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Victor Conzemius auteur de l’article consacré au « Jeûne » dans le "Dictionnaire historique de la Suisse" (DHS) http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F10106.php revient sur l’origine historique de ces jours de jeûne célébrés en Suisse :
« Au XVIe s., les épidémies de peste et les disettes amenèrent les autorités des cantons réformés à instituer des journées de prière et de pénitence hebdomadaires ou mensuelles (Bâle en 1541, Zurich en 1571, Berne en 1577) […]. »

Puis « La Diète protestante instaura une journée de jeûne annuel en 1639, soit pendant la guerre de Trente Ans (qui de manière générale influença fortement les pratiques pénitentielles), pour rendre grâce à Dieu d'avoir préservé la Suisse du conflit. Dès 1643 les cantons catholiques instituèrent eux aussi des journées de recueillement et de prière. »

C’est « En juillet 1796, sur proposition de Berne et face à la menace révolutionnaire, [que] la Diète fédérale fixa un jour de jeûne qui fut célébré pour la première fois d'un commun accord par catholiques et protestants le 8 septembre 1796. […] »

Mais c’est « le 1er août 1832, [que] la Diète, sur proposition argovienne, décréta que le troisième dimanche de septembre serait jour de jeûne pour tous les cantons. Les Grisons s'en tinrent cependant au deuxième jeudi de novembre jusqu'en 1848 et Genève au jeudi qui suit le premier dimanche de septembre jusqu'à nos jours. »

Pour comprendre pour quelle raison le canton de Genève ne pratique pas ce jour de jeûne le même jour, nous devons lire l’article « Jeûne genevois, Jeûne fédéral: d’où vient la différence de date? » paru dans la "Feuille d’avis officielle" (FAO) du 10 septembre 2008 http://bit.ly/2xQuyxx. Nous pouvons y lire ceci :

« A Genève, le premier jeûne historiquement relaté remonte au début du mois d’octobre 1567, à l’occasion d’une répression contre les protestants lyonnais. Le massacre de la Saint-Barthélemy, qui a eu lieu le 24 août 1572, incite également les Genevois à jeûner par solidarité. […]
En 1796, dans un esprit d’apaisement, les cantons catholiques se joignent à ce jeûne annuel qui se déroule dans toute la Suisse le 8 septembre. Mais, alors que l’occupation napoléonienne porte dès 1798 un coup à cette pratique dans les autres cantons helvétiques, à Genève le Jeûne se renforce et devient synonyme de fête patriotique. Son observance scrupuleuse exprime l’identité protestante et genevoise face à l’envahisseur. […] »

On retrouve l'importance de ce symbole pour les Genevois en 1832 suite à la décision de la Diète suivante « le troisième dimanche de septembre serait jour officiel de jeûne pour tous les cantons, catholiques inclus. Le Jeûne fédéral est né.
Mais les protestants genevois s’offusquent de cette décision œcuménique et accusent les catholiques d’avoir porté atteinte à leur vieille tradition. En 1837, quelques pasteurs annoncent le rétablissement du Jeûne genevois. […] En réaction, ils décident d’instaurer le Jeûne genevois, à la fois patriotique et religieux, le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre. Le jeudi a été choisi car c’était le seul jour de la semaine sans marché. […]
Mais, en 1840, c’est officiellement que Genève décide d’instaurer son propre Jeûne. Il est accompagné d’un jour férié, jusqu’en 1869. A partir de cette date, il est fêté de façon moins institutionnelle et religieuse. Il faut attendre le 8 janvier 1966 pour que le Grand Conseil adopte une modification de loi qui déclare férié le jour du Jeûne genevois à la place du 1er mai. […] »

Le 17 juin 2016 dans le cadre de l’émission "Hautes fréquences" http://bit.ly/2jJ15Q4 de la Radio télévision suisse (RTS) Michel Grandjean, professeur d'histoire du christianisme à l'Université de Genève revenait sur cette tradition.

Enfin, l’article "Aux origines du Jeûne en Suisse" https://protestinfo.ch/201009155364/origines-jeune-suisse publié le 15 septembre 2010 par l’agence de presse protestante "ProtestInfo" nous apprend qu’« Avec la Confédération de 1848, le Jeûne fédéral disparaît des lois nationales. Ce sont les cantons qui restent libres de le célébrer, ce que plusieurs font en décrétant le lendemain, lundi du jeûne, comme jour férié. Neuchâtel et Vaud le font, mais pas Berne ni le Jura, alors que Genève continue de se distinguer avec son jeûne fixé au jeudi qui suit le premier dimanche de septembre. »

Et pour être vraiment complet, sachez qu’Interroge a également répondu en 2013 à la question "Pourquoi mange-t-on une tarte aux pruneaux le jour du Jeûne genevois ?" http://www.ville-geneve.ch/index.php?id=16358&id_detail=300. La réponse est consultable dans nos archives de questions-réponses et pourra également vous intéresser.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

www.interroge.ch

Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève