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Archives Interroge - Question / réponse

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Pourquoi les musulmans ne mangent-ils pas de porc ? Le Coran indique-t-il quelque chose à ce sujet ? Et qu'en dit la Bible ?

Date de la réponse: 10.07.2015


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

La question de la consommation de viande de porc se retrouve dans les trois grandes religions monothéistes. En effet, dans chacun des « livres » fondamentaux de ces religions, on y trouve des consignes précises.

Par exemple, il est dit dans le Coran (Sourate 2 :173) : « Certes, Il vous est interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allah. Il n’y a pas de péché sur celui qui est contraint sans toutefois abuser ni transgresser, car Allah est pardonneur et Miséricordieux. »

D’une façon générale, le porc a été l’objet de beaucoup de préjugés. On peut lire dans le livre "Le cochon : histoire symbolique et cuisine" http://data.rero.ch/01-0919992  de Jacques Verroust :

« La mauvaise réputation du porc tient d’abord à sa goinfrerie et à son caractère omnivore. […] Il passe son temps à chercher de la nourriture, dévore à peu près n’importe quoi et n’hésite guère – occasionnellement – à absorber des ordures, des excréments et des cadavres d’autres animaux »

Dans le livre "Islam et interdits alimentaires : juguler l’animalité" http://data.rero.ch/01-R281510260  de Mohammed Hocine Benkheira on peut lire que :

« Le problème de la scatophagie animale est un des points de rencontre entre la doctrine de la pureté corporelle et la doctrine alimentaire. Dans la mesure où le contact physique entre la peau de l’homme et de nombreuses substances impose une purification minutieuse, on a été conduit à s’interroger sur le statut de bêtes comestibles qui se nourrissaient de ces mêmes substances polluantes. Ainsi, la plupart des juristes ont été amenés à conclure que si ces substances polluaient l’homme et imposaient la purification physique, on pouvait considérer qu’elles polluaient encore plus gravement la chair des animaux qui en mangeaient, car elles s’immisçaient dans leurs tissus. Une purification est nécessaire ; mais au lieu qu’elle prenne la forme d’une toilette, elle consiste en un régime alimentaire. »

Le Guichet du Savoir de Lyon http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=9930  a répondu à une question similaire à la vôtre. Voici un extrait de leur réponse :

« Quant à l’interdit de la viande de porc, voici ce qu’en disent Peter Farb et George Armelagos dans "Anthropologie des coutumes alimentaires" http://data.rero.ch/01-0622790  : « La viande de porc se gâterait plus rapidement que les autres dans le climat chaud du Proche-Orient ; le porc est connu comme vecteur de la trichinose, une maladie à l’issue souvent fatale […]. Si l’on examine cette thèse de plus près, on s’aperçoit qu’elle ne tient pas. Les températures qui règnent en Terre sainte ne sont pas plus élevées que dans bien des endroits du monde où l’on élève et consomme du porc […] »

Toujours selon l’ouvrage de Jacques Verroust, il semblerait que « Bien avant l’islam, les tribus d’Arabie s’abstenaient, comme bon nombre de tribus des régions voisines, de manger la chair de l’animal réputé impur. »

L’ouvrage "Anthropologie des coutumes alimentaires" de Peter Farb et George Amelagos nous permet de faire le lien entre cet interdit dans l’islam et dans la chrétienté. En effet, « C’est au septième siècle que l’Islam fit son apparition, et son livre sacré, le Coran, a intégré nombre de règles diététiques de la Loi mosaÏque, cette prohibition comprise. En réalité, l’interdit portant sur le porc est beaucoup plus nettement marqué dans le Coran que dans l’Ancien Testament, et il semble bien qu’il soit au moins pour une part le fruit d’une décision d’ordre tactique de la part de Mahomet : il donnait à l’Islam un point sur lequel il se distinguait clairement du christianisme, les chrétiens étant ses adversaires principaux et n’ayant rien contre la viande de porc, et, en outre, pouvait lui permettre de gagner le soutien de ses voisins juifs du Proche-Orient. Une éventuelle conversion de ces derniers à l’islam aurait été ainsi encouragée en incluant ce tabou dans le Coran, tout comme le christianisme avait fait coïncider les fêtes de Pâques avec celle de l’équinoxe de printemps des païens pour attirer ces derniers. »

On peut lire dans l’Ancien Testament les consignes suivantes : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts. » Cette directive, tirée de Deutéronome (chapitre 14, verset 8) nous montre l’importance de la pureté dans le christianisme.

Jacques Verroust nous donne également les informations suivantes : « Quel que soit le point de vue envisagé, la place du porc dans les Ecritures est toujours dévalorisée. Pour l'Ancient Testament, c’est l’animal impur par excellence, le premier des animaux taboués par la loi mosaïque et l’attribut privilégié du monde païen et des ennemis d’Israël. Etre gardien de pourceaux – ce qui est strictement interdit aux Hébreux – est l’image de la déchéance suprême. Image que conservera du reste le Nouveau Testament dans la parabole du fils prodigue, qui après avoir dilapidé tout son bien est obligé de devenir gardien de cochons (Luc, 15, 11-32) ».

Nous pouvons cependant lire dans l’ "Encyclopedia of religions" http://data.rero.ch/01-R003789075 les informations suivantes (en anglais) :

« Although Mark 7 :19 says that Jesus « declared all foods clean », it means evident from the story of Peter and the Roman centurion Cornelius in Acts 10 that the disciples of Jesus had not begun to eat nonkosher food or to share meals […] Except for the Coptic Christians of Egypt, who continue to follow some Jewish laws, and the mild restrictions on meat observed by Roman Catholics and Orthodox Christians during Lent and Advent, most Christians now observe no food taboos, and Christianity remains remarkable for its lack of such rules […] ».

Pour approfondir vos recherches, voici d'autres références qui pourront vous procurer des informations :

"Histoire naturelle et morale de la nourriture" http://data.rero.ch/01-R007721035  de Maguelonne Toussaint-Samat

"A croire et à manger : religions et alimentation" http://data.rero.ch/01-R004681147  de Aïda Kanafani-Zahar

"Les interdits alimentaires dans le judaïsme, le christianisme et l’islam" http://data.rero.ch/01-R003828621  de Yahia Deffous

"Le cochon" http://data.rero.ch/01-R007489706 de Michel Pastoureau que vous trouverez à la Bibliothèque de Genève.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève http://www.ville-ge.ch/meg/bibliotheque.php  

pour Interroge http://www.interroge.ch