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Archives Interroge - Question / réponse

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Quelle est la signification du mot "sapeur" dans celui de "sapeur-pompier" ?

Date de la réponse: 04.08.2015


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Le nom masculin "sapeur" dérive du verbe "saper". Voici la définition de ce verbe fournie par le "Dictionnaire historique de la langue française" :

« terme de génie militaire, signifie d’abord "détruire les fondements d’un édifice, d’un bastion, etc., en travaillant avec le pic et la pioche." Au XVIe s. (1552), il se dit figurément pour "détruire en attaquant les bases, les principes de qqch.". Par extension du premier sens, "saper" signifie (av. 1620, Saint-Armand) "user par la base", le sujet désignant les eaux.
Le verbe a fourni plusieurs dérivés. […] SAPEUR n.m. a désigné d’abord (1547) un soldat d’infanterie employé à saper (un mur, etc.), puis dans "sapeur-mineur" (1720) et "sapeur" (1790) un soldat du génie. A partir de 1850, on représente couramment le sapeur portant une longue barbe carrée en éventail et fumant une bouffarde ; de là "barbe de sapeur" "grande barbe" (1875), l’emploi de "sapeur" pour "cigare presque entier" (1880), sorti d’usage et "fumer comme un sapeur" "fumer beaucoup" (XXe s.), toujours usuel, peut-être par association avec les "sapeurs-pompiers", c’est-à-dire avec le feu et la fumée. »

Le document de Joël Prévôt "La face cachée de la douceur angevine : mémoire d’un sapeur-pompier angevin" http://bit.ly/1hfAyUd  partiellement disponible en ligne, ajoute dans une chronologie historique à la page 22 :

« 18 septembre 1811 : Création d’un corps de "sapeurs-pompiers" chargé spécialement "du service des pompes à incendie dans sa bonne ville de Paris".

Les "sapeurs" remplacent les "gardes". Il semble que la dénomination trouve sa source dans l’armement qui comporte des outils (hache, pioche, etc.). »

La Fondation Napoléon a publié sur son site un article de Marc Nédot de l'Aulnoy intitulé "La naissance des sapeurs-pompiers de Paris" http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/479
631.asp
 qui indique que c’est suite à deux importants incendies, dont l’un notamment au palais de Saint-Cloud, que Napoléon Bonaparte décide de créer le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris :

« À la suite de ces deux événements, et quoiqu'à l'état-major il existe déjà des officiers du génie, l'Empereur crée le 10 juillet 1810 la 3e compagnie du Génie de la Garde impériale, véritables pompiers des palais et résidences impériales (Fontainebleau, les Tuileries, Saint-Cloud, Meudon, Rambouillet…). L'Empereur organise ainsi la lutte incendie de Paris en deux entités : le génie pour les résidences et bâtiments officiels, et les gardes pompes (puis sapeurs-pompiers) pour la ville. »

Ce même document confirme la date citée plus haut :

« Par le décret du 18 septembre 1811, l'Empereur créa le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, qui veillent aujourd'hui encore sur la capitale et sa proche banlieue. »

La page intitulée "Origine du mot Sapeur pompier" http://udsp91.fr/archives/770  de l’Union départementale des sapeurs pompiers de l’Essonne répond à la question "Pourquoi sapeurs ?" comme suit et ajoute des détails intéressants :

« Ce terme fait bien sûr référence à la formation militaire, prisée dans une dictature militariste. Les hommes portent d’ailleurs à peu de choses près la tenue du Génie sont armés d’un fusil à baïonnette tout en conservant le sabre-briquet et sont commandés par des officiers de l’armée. Ils sont toutefois admi­nistrés par le préfet de police, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, au nom desquels ils assurent en outre des fonctions de sur­veillance et de police générale, ce qui s’avé­rera vite une source de conflits. La ville de Paris supporte les dépenses. Quand ce Bataillon, normalement fort de 142 hommes, est mis en place le 1er janvier 1812, on relève déjà l’absence d’un ouvrier, de neuf sergents, de trente-cinq caporaux, de quarante appointes et de quatre tambours. Face à ces difficultés de recrutement, il faut faire appel à nombre d’anciens "Gardes Pompiers", qui conservent ainsi leur travail. Notons qu’avant la chute de l’Empire, les sa­peurs-pompiers de Paris doivent reprendre du service dans les châteaux impériaux, les combats mobilisant alors l’ensemble des effectifs de la Garde impériale. L’Empire ayant vécu, la protection contre le feu des palais est placée sous la responsabi­lité des "Sapeurs-pompiers Civils", et les "Sapeurs-pompiers de la Garde", dont l’ordre est supprimé le 6 août 1814, sont transférés vers le Génie.

Il convient donc de bien distinguer les "Sapeurs-pompiers de la Garde" – des militaires des sapeurs-pompiers de Paris, qui ne seront militarisés qu’avec l’ordonnance royale du 7 novembre 1821. À notre connaissance, les seconds tirent leur nom des premiers, mais nullement du fait qu’ils auraient employé des pelles et des pioches pour "saper" comme cela se lit et se dit trop souvent… »

Enfin, si vous souhaitez en savoir plus sur l'histoire du corps des sapeurs-pompiers, nous vous recommandons la lecture du document de Gustave Paulin "Théorie sur l'extinction des incendies : ou Nouveau manuel du sapeur-pompier" https://books.google.ch/books?id=ohD-hXQAkvMC , et en particulier l'historique en début de texte.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Interroge http://www.interroge.ch Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève