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Archives Interroge - Question / réponse

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Y a-t-il eu beaucoup de chevaleresses durant le Moyen Âge ? Quelles sont celles qui ont marqué l'histoire et comment étaient-elles perçues ?

Date de la réponse: 21.06.2017


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’université Toulouse-Jean Jaurès répond en mars 2015, dans une interview donnée au magazine en ligne "Histoire & images médiévales" http://www.him-mag.com/femmes-chevaliers-au-moyen-age-inter
view-de-sophie-cassagnes-brouquet/
, à la question "Au-delà de l’exemple exceptionnel de Jeanne d’Arc, existe-t-il des cas de femmes combattant comme des chevaliers ?" ainsi :

« Jeanne d’Arc ne fut pas la seule chevaleresse. Du XIIe au XVe siècle, des femmes de l’aristocratie, en France, Écosse, Espagne et Italie ont pris les armes pour défendre leur château ou leur lignage. Cette participation des femmes à la guerre est effectivement liée à des circonstances extraordinaires, captivité ou mort du mari et n’est pas une règle, mais elle n’est pas toujours considérée comme un scandale, à condition bien entendu que la femme combatte pour la bonne cause. »

Sophie Cassagnes-Brouquet est également l'auteure du livre "Chevaleresses, une chevalerie au féminin" http://data.rero.ch/01-R007483752 dont nous vous recommandons la lecture ainsi que de l'article "Au service de la guerre juste. Mathilde de Toscane (XIe-XIIe siècle)" paru en 2014 dans la revue "Clio : histoire, femmes et sociétés" http://data.rero.ch/01-2172200 dont voici le résumé disponible dans la bibliothèque numérique "Cairn" :

« Dans l’Europe médiévale, l’art de la guerre est considéré comme spécifiquement masculin. Et pourtant, au détour des chroniques et des documents d’archives, il est possible de croiser des guerrières qui combattent pour défendre leurs fiefs ou s’engagent parmi les rangs des croisés. Cette pratique de la guerre au féminin, très minoritaire, mais avérée, reposait-elle sur un droit, ou, bien au contraire, bravait-elle toutes les interdictions des lois civiles et religieuses ? Si le droit civil l’interdit, la réponse de l’Église semble parfois plus ambigüe. C’est le cas aux XIe et XIIe siècles où, dans le cadre de la Querelle des Investitures, la comtesse Mathilde de Toscane est à l’origine d’une polémique qui a vu s’opposer les partisans de la réforme grégorienne à ceux de l’empereur Henri IV et qui s’est précisément cristallisée sur cette question : les femmes ont-elles le droit de faire la guerre ? »

L'article "Les femmes au Moyen Age : deux livres pour en savoir plus" http://www.madmoizelle.com/les-femmes-au-moyen-age-288781 paru en janvier 2017 sur le site "madmoiZelle" revient également sur ce livre. Voici ce qu'ajoute l'article : « Tout au long de son ouvrage, elle déconstruit ce mythe à travers des exemples réels et fictifs de femmes guerrières, chevaleresses ou chevalières, qui demeurent minoritaires mais sont bien plus nombreuses qu’on ne le croit. [...]

Le livre développe trois axes principaux : la présence des femmes dans les ordres de chevalerie (ce qui n’en fait pas nécessairement des guerrières mais prouve leur implication et adhésion aux idéaux chevaleresques), le traitement littéraire des femmes chevalières (avec les Neuf Preuses, le mythe des Amazones et l’idéal de la belle guerrière,) et enfin, la présence avérée des femmes sur le champ de bataille. [...] L’auteure présente une foultitude d’exemples de guerrières avérées, souvent éclipsées par la figure de Jeanne d’Arc, qui prenaient les armes et menaient les combats : Adèle de Blois, Marguerite de Beverley, Jeanne de Montfort, Isabelle Macduff et tant d’autres oubliées aux histoires fascinantes. »

Le 15 juin 2015, l'émission radio "Au cœur de l’histoire" http://www.europe1.fr/emissions/au-coeur-de-l-histoire/lint
egrale-chevaleresses-1355946
sur Europe 1 revenait également sur cet ouvrage et recevait Sophie Cassagnes-Brouquet.

L'article "De Jeanne d’Arc à Madelaine de Verchères la femme guerrière dans la société d’ancien régime" de Diane Gervais et Serge Lusignan, paru en 1999 dans la "Revue d'histoire de l'Amérique française" http://data.rero.ch/01-0063092 et disponible en ligne sur le site "Erudit" https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1999-v53-n2-haf216/005
446ar/
indique quant à lui dans son résumé que « Malgré l'interdit fait aux femmes de participer activement au combat dans la société d'Ancien Régime, il était parfois acceptable qu'elles interviennent activement par les armes, lorsqu'une situation militaire devenait critique. Le processus par lequel une femme se faisait soldat était très bien codé et peut être comparé aux rituels d'inversion des rôles décrits par les anthropologues. L'article examine le cas de trois femmes guerrières: Jeanne d'Arc, qui combattit les Anglais pour le compte de Charles VII, Jeanne Hachette, qui participa à la défense de Beauvais (France) lors du siège dirigé par le duc de Bourgogne en 1472, et Madeleine de Verchères, qui se battit pour défendre le fort de son père contre une attaque des Iroquois en 1692. L'analyse met en lumière un processus en trois étapes au cours duquel la femme devient guerrière. Premièrement, on distingue une courte période de rupture durant laquelle elle cesse de se comporter en femme et fait accepter sa nouvelle conduite comme soldat par le groupe social. Dans un deuxième temps, qui dure aussi longtemps que pèse la menace, elle participe activement au combat contre les ennemis. Une dernière étape du processus a pour fonction de la ramener à son état féminin antérieur. »

L’article "Femmes dans la guerre (XIVe-XVe siècles) : un rôle caché par les sources ?" https://tabularia.revues.org/1595 d'Adrien Dubois paru le 9 février 2004 dans la revue en ligne "Tabularia" pourra également vous intéresser.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève http://www.bm-geneve.ch

Pour http://www.interroge.ch