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À l’inverse d’un mariage, existe-t-il des rituels traditionnels pour les séparations, les divorces ?

Date de la réponse: 31.05.2022

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Beaucoup moins documenté que les rituels de mariage, l'ethnologue et folkloriste français Arnold van Gennep dans son ouvrage Les rites de passage : étude systématique des rites ... , disponible en ligne sur le site Les classiques des sciences sociales, nous cite des exemples de rite de rupture :

« Les rites du divorce semblent réduits, chez la plupart des peuples, à leur plus simple expression. Il suffit d'ordinaire que la femme s'en aille du domicile conjugal et retourne à la maison de ses parents ; ou bien que le mari mette matériellement la femme hors de la maison commune. J'ai pourtant l'impression que si les cérémonies du divorce sont si simples d'après la littérature ethnographique, c'est que les observateurs, ou bien ne s'y sont pas intéressés, ou bien n'ont pas compris le sens de certains actes, et surtout n'ont vu dans la séparation de corps et le divorce qu'un acte juridique et économique. […] … on sait que dans l'Église catholique le divorce n'est même pas admissible et qu'il faut une annulation du mariage, laquelle ne s'obtient qu'après enquêtes, sans rien cependant de proprement magico-religieux. Au contraire les Juifs ont élaboré un cérémoniel du divorce très compliqué, à tel point qu'il est en lui-même un obstacle aux désirs de maints individus. La lettre remise à la femme est ritualisée, en ce sens qu'elle doit être écrite d'une manière aussi parfaite qu'un écrit sacré ; le rabbin jette cette lettre en l'air et l'un des témoins de la femme doit l'attraper au vol ; sinon tout est à recommencer ; c'est là le rite définitif de séparation. Chez les Habbé du Plateau Nigérien, si le mariage a été consacré par une cérémonie du culte domestique, il faut, comme dans l'antiquité classique, un sacrifice pour rompre le lien avec les divinités familiales de celui des conjoints qui s'en va. Chez les Esquimaux, le mari regarde sa femme, puis sort de la hutte sans mot dire. Chez les Tchouvaehes, un mari qui est mécontent de sa femme et veut s'en séparer, s'empare de son voile et le déchire, et ce rite se rencontre aussi chez les Tchérémisses, les Mord-vines, les Votiaks et les Vogoules ; à Java, le prêtre coupe la "corde de mariage". Si, chez les Galla méridionaux, une femme est maltraitée par son mari, son frère peut venir la chercher : mais il n'a pas le droit d'entrer dans la hutte ni dans le village si le mari le défend ; il doit attendre que sa sœur sorte, par exemple pour puiser de l'eau, et alors il l'enlève ; une femme divorcée de cette manière ne peut plus se remarier et son mari n'a pas le droit de la réclamer, mais les deux collectivités intéressées se réconcilient par un paiement en moutons ou en chèvres . Chez les Wazaromo, le mari fait savoir à sa femme qu'il ne veut plus d'elle en lui donnant une sorte spéciale de roseau, et dans l'Unyoro, le mari coupe en deux un morceau de cuir, dont il garde une moitié et dont il envoie l'autre au père de sa femme. Dans l'Islam, le rite de séparation est verbal : il suffit que le mari dise trois fois à sa femme : "Tu es divorcée", ou "Je te divorce", et elle doit s'en aller avec les objets qui lui appartiennent, le mari rendant en général un tiers de la dot ; mais si la femme veut divorcer, il faut un jugement du cadi, dont comme on sait, la fonction et la jurisprudence sont d'ordre fondamentalement religieux. »

Les rituels prennent de nouvelles formes, comme nous l’explique l’article Les nouveaux rituels, paru le 18 mai 2000 dans le magazine L’Express :

« Parfois, ce sont les anciennes pratiques qui reviennent, relookées. Mais on voit aussi de nouveaux rites surgir à des occasions ou dans des lieux où on ne les attendrait pas: à l'école, dans les entreprises, voire lors d'un divorce. "Nous sommes dans une culture de masse, où les gens sont « anonymisés », analyse Jean Maisonneuve, professeur de psychologie sociale. Tout a été ébranlé. Les repères basculent, alors on essaie d'injecter des rites." Ceux-ci servent à "colmater le vide", selon l'expression de Claude Lévi-Strauss, à "rétablir du continu" […]. Et, quand il n'y a pas de précédent, on improvise. Ainsi les couples, ici ou là, commencent-ils à créer un rituel pour marquer leur divorce, histoire de bien refermer cette étape de leur vie. Rien d'élaboré. Un geste symbolique suffit. On brûle un bouquet de sauge en lisant un poème choisi par les deux ex-époux, par exemple. Ou bien on enterre les alliances, en rendant à l'autre les lettres d'amour échangées au début de l'histoire. »

De même, il existe actuellement des « Divorce Party ». Ils nous sont ici développés par l’article intitulé La « Divorce Party » : nouveau phénomène à la mode, paru le 27 juin 2013 dans le quotidien La Dépêche :

« Par "Divorce Party", on peut entendre fêter son divorce. Le concept serait une sorte d’enterrement de vie maritale, sur le même principe que le traditionnel enterrement de vie de jeune fille ou de garçon avant de se dire oui. Véritable phénomène aux Etats-Unis, le concept fait progressivement son entrée dans les mœurs européennes. »

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, vous trouverez ici différents documents :

Rites et rituels contemporains de Martine Segalen

Rites de passage au XXIe siècle : entre nouveaux rites et rites recyclés de Martine Roberge

Le chapitre VIII Le divorce du livre La famille wolof : tradition et changement de Abdoulaye-Bara Diop

Old and new rites of passage in contemporary western societies : a focus on marriage and divorce ceremonies de Laura Arosio - article paru en 2016 dans le Journal of comparative research in anthropology and sociology

Falling rings : group and ritual process in a divorce de A. L. Goertzen - article paru en 1987 dans le Journal of religion and health

Divorce : process and correlates : a cross-cultural study de A.B.S.V. Rangarao et K. Sekhar - article paru en 2002 dans le Journal of comparative family studies

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève

Pour www.interroge.ch