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Connaît-on l'origine du X utilisé comme accord de genre neutre ou non-binaire dans l'écriture inclusive ?

Date de la réponse: 19.01.2021

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

La question de l'écriture inclusive :

Vous trouverez une définition claire sur la page Qu’est-ce que l’écriture inclusive ? sur le site Ecriture-incluvise.ch
Ce site propose également un numéro de téléphone de contact : tél. 079 727 65 70 - info@ecriture-inclusive.ch

Le site d'une professeure de linguistique et de sémiotique à l'Université de la Sorbonne - Alpheratz - retrace tous les aspects de l’écriture inclusive dont le chapitre abordant l’histoire de l’écriture inclusive.

La question de l’accord du genre neutre et non binaire en écriture inclusive :

L'article Pour des lieux de formation résolument féministes et révolutionnaires (2/5) - Langage, paru en 2019 sur le site d'information Renversé, explique que bien qu’on ajoute un X comme marque de rupture avec la binarité de la langue, cette forme a aussi le grand avantage de réellement théoriser cette question de la multitude d'identités de genre que l’écriture inclusive « .e.s. » écarte. Cependant aucune convention n’a encore été clairement fixée sur la forme à utiliser et il est fondamental de rester à l’écoute des revendications des personnes appartenant à des minorités de genre.

L'article Règles de grammaire neutre et inclusive publié sur le site Divergenres apporte une définition intéressante qui différencie le neutre (utilisé pour représenter une personne non-binaire) et l’inclusif (utilisé pour représenter des personnes appartenant à n’importe quel genre, ou un groupe comprenant des personnes de différents genres).

Le site Polyquity propose un Guide d'écriture inclusive qui indique ceci concernant la construction des termes :

« Pour le point médian, les termes sont alors construits de la manière suivante : racine du mot + suffixe masculin + point médian + x pour neutre + suffixe féminin (+ point médian + 's' pour indiquer le pluriel). Le x du neutre sert à désigner les personnes non-binaires, agenres, gender-fluid, etc qui pourraient préférer un neutre grammatical. »

Concernant l'origine de la lettre X :

Dans l'article Archi-écritures de genre et politiques de "différance" : immondices verbales et littéracies d’intervention dans le quotidien des établissements scolaires de Rodrigo Borba et Adriana Carvalho Lopes paru dans Glad ! : revue sur le langage, le genre, les sexualités, nous pouvons lire ceci :

« Comme le constate Kira Hall (2007), le X possède un long pedigree sémiotique. René Descartes l’introduisit dans la pensée mathématique pour parler de quantités indéterminées. Plus tard, au XVIIe siècle, dans les domaines de la littérature et de la loi, cette lettre fut utilisée pour nommer des personnes inconnues ou préserver l’anonymat. […] Durant le XXe siècle, des comités de censure, aux États-Unis, utilisèrent le x pour classifier des films inappropriés à un jeune public : les films classés X. [...]

Ainsi, le X condense en soi diverses couches signifiantes qui semblent, comme nous le verrons, se transposer dans le domaine de la langue : dans certains cercles, cette intervention linguistique est apparentée à un acte quasi pornographique souillant la langue et devant être censuré. À l’instar des films pornographiques, de tels usages sont classés X. Malgré les discours prohibitionnistes, le X persiste dans différents contextes en tant que forme extrême de négation de la dichotomie de genre. En ce sens, l’usage du X par des collectifs féministes et LGBTQI, tout comme les discours sur cet usage révèlent que ce que nous entendons par langue constitue un terrain mouvant, sans points d’appui fixes, un phénomène qui abonde en zones d’indétermination entourées de pratiques de surveillance et de sanction. »

Sur le site Le corrigeur nous trouvons l'article Histoire de la lettre X. Un sous-chapitre Symbolique de la lettre X indique que le X est, entre autre, le symbole de "L'inconnue" dans plusieurs domaines. Voici ceux qui nous semblent pouvoir répondre à votre questionnement :

« En mathématiques, Descartes attribua les lettres a, b, c, etc. du début de l’alphabet latin aux constantes, tandis que les lettres x, y, z de la fin correspondaient aux variables inconnues.
[...]
En droit, l’accouchement sous X est un accouchement dont la mère veut conserver l’anonymat. Une plainte contre X, signifie porter plainte contre une personne dont l’identité n’est pas déterminée. »

La lettre X a aussi été choisie par certains pays pour figurer sur les documents d’identités. L’article Troisième sexe, genre neutre ou intersexué : la France fait un premier pas, puis recule, paru le 24 mars 2016 sur le site de la chaîne TV5 Monde nous apprend qu’« En juin 2013, le Népal a ordonné d'ajouter une catégorie "transgenre" aux passeports. Auparavant, le Portugal, la Grande-Bretagne et l'Uruguay avaient pris des décisions similaires. L'Allemagne et le Népal autorisent leurs ressortissants à inscrire un X dans la case "sexe" du passeport. »

C’est également le cas au Canada, comme nous pouvons le lire dans l’article « F », « M », « X » : le genre et les pièces d’identité au Canada paru sur le site CliquezJustice.ca :

« L’option "X" peut avoir une signification différente pour différentes personnes. Elle peut être utilisée, entre autres, lorsqu’une personne :

  • ne s’identifie ni au genre masculin, ni au genre féminin,

  • s’identifie aux genres masculin et féminin,

  • s’identifie à un genre autre que le masculin ou le féminin,

  • préfère tout simplement ne pas indiquer son genre. »

 

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève

Pour www.interroge.ch