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Existe-t-il les notions de paradis et d'enfer dans le bouddhisme ?

Date de la réponse: 01.04.2022

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Julien Rousseau dans l’ouvrage Enfers et fantômes d’Asie nous résume la notion d’enfer chez les bouddhistes :

« La philosophie bouddhique n’a pas la notion d’être permanent mais plutôt celle d’un perpétuel devenir. Toute existence est provisoire, pour les dieux autant que pour les hommes, les animaux ou les damnés. Les enfers sont un purgatoire où les défunts expient leurs fautes sous la torture avant de rejoindre le cycle de réincarnations. […] Les dix enfers des textes bouddhiques s’organisent en cours pénales, présidées par des rois-juges, assistés de clercs et de démons tortionnaires. »

Il est à noter une différence importante de l’enfer pour les grandes religions non-occidentales, à savoir : « Les grandes religions orientales ont généralement une conception cyclique du temps universel. Les enfers sont par conséquent temporaires. Le damné sera finalement réintégré dans le grand cycle des réincarnations, qui lui donnera l’occasion de mener une vie plus conforme à l’idéal. » comme nous l'explique Georges Minois dans son livre L’Histoire de l’enfer.

A propos des paradis bouddhistes, dans le livre Jésus et Bouddha : destins croisés du christianisme et du bouddhisme, Odon Vallet  compare le(s) paradis et le nirvana :

« La comparaison entre le nirvâna et paradis est encore compliqué par le fait que le bouddhisme possède lui aussi ses paradis, qui sont des lieux d’heureuses renaissances, préférables à ce monde terrestre, mais moins enviables que l’extinction de toute vie, le nirvâna. »

Olivier Clément, dans l’article de l’Encyclopédie Universalis consacrés aux enfers et paradis dans les différentes religions, nous donne une description très précise de ces enfers et paradis du bouddhisme :

« Dans le Majjimanikāya, collection d'un certain nombre de "discours du Bouddha", les tortures de l'enfer sont décrites avec précision. Certains pécheurs, attelés à de lourds chariots, parcourent une étendue de flammes ; d'autres sont forcés de se jeter la tête la première dans un chaudron d'airain bouillant ; d'autres encore sont plongés dans une rivière de feu. Les auteurs bouddhistes postérieurs ont considérablement élaboré la description des supplices. Le nombre des enfers varie : dix, treize ou deux cent cinquante-six. L'"enfer du chaudron de fer" mesure soixante lieues d'étendue, et il faut trente ans pour descendre jusqu'au fond. Dans un autre enfer, le pécheur brûle pendant 576 millions d'années. Et cependant tous ces enfers sont considérés comme "temporaires".

Selon le Mahayana, il y a huit enfers chauds et huit enfers froids, chaque groupe étant entouré de seize enfers moindres. Parmi les huit enfers chauds, il en est un où les pécheurs s'arrachent mutuellement la chair avec des griffes de métal ; un autre où des éléphants de fer piétinent les victimes ; un troisième, dit l'"enfer de la chaleur cuisante", où les suppliciés sont réduits en cendres dans un fourneau. Dans un des enfers froids, la chair éclate et se couvre de plaies ; dans un autre, les lèvres gèlent. »

Plus loin, le même article nous décrit « la structure du paradis bouddhique classique » :

«  Il s'agit d'un "vaste paysage, orné d'architectures légères : pavillons aériens construits sur pilotis, tours, porches, dais ou parasols, terrasses à balustrades et à gradins. Sur les arbres de pierres précieuses des oiseaux sacrés se posent ; tout autour, on voit voler des figures d'apsaras [selon le Dictionnaire Larousse : Déesse de rang inférieur dans la mythologie hindoue, représentée comme danseuse ou musicienne.], ballerines célestes, ou de petits bouddhas descendre sur les nuages. Des groupes d'élus dansent au son d'instruments variés dont jouent les groupes de génies musiciens. Au premier plan, un étang couvert de lotus. Depuis le Bouddha jusqu'aux âmes nouvellement arrivées, tous les personnages surgissent d'un calice de lotus, dont la tige monte de l'étang. Le Bouddha central est assis en majesté sur le lotus qui s'élève au-dessus de toutes les limitations comme de toutes les impuretés du temps et de l'espace. Il diffuse autour de lui la lumière. Sa taille est supérieure à celle de ses deux grands acolytes et de tous les autres habitants de son royaume. Devant lui se dresse une table d'autel, avec deux bodhisattva porteurs d'offrandes" (H. de Lubac, Amida). »

Olivier Clément ajoute qu’« une telle vision du paradis se retrouve partout où le bouddhisme Mahāyāna s'est propagé, du Turkestan au Japon. »

Voici exactement ce que signifie le Mahayana [également orthographié Mahāyāna], c’est-à-dire une de trois grandes traditions bouddhistes, à l’aide de l’ouvrage Les religions : des origines au IIIe millénaire, paru sous la direction de Jean-François Dortier :

« Le mahayana ("grand véhicule") stipule que chacun peut accéder au salut de son vivant, par une vie de mérites ou par l’intercession de bodhisattvas (bouddhas ayant retardé leur salut pour aider les autres à atteindre l’éveil). Le mahâyâna a gagné la Chine, puis la Corée et le Japon, n’hésitant pas à se fondre dans de vastes systèmes syncrétiques destinés à lui assurer son succès par l’élaboration de cosmogonies compatibles avec les cultes qui lui préexistaient. »

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, nous vous recommandons les ouvrages suivants :

Aspects du bouddhisme d'Henri de Lubac

Heaven and hell in Buddhist perspective de Bimala Churn Law

aux Bibliothèques municipales de la Ville de Genève :

Le bouddhisme de Jean-Francois Dufour

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève

Pour www.interroge.ch