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Quelle place occupe Ménélik Ier dans la Bible, la Torah et d'autres Livres sacrés ?

Date de la réponse: 24.08.2022

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

D'une façon générale, les recherches concernant Ménélik Ier ont été complexifiées par les nombreux noms donnés à ce personnage. En voici une liste non exhaustive :

Menelik Ier
Menilek I
Mïlilïk
Ebnä Hakim
Ibn al-Hakim

De plus, il ne doit pas être confondu avec Menelik II.

Il est important de rappeler que l'existence de Ménélik Ier reste légendaire. C'est notamment ce que précise Gianfranco Fiaccadori dans l'article le concernant - « Menilek I » - de l’Encyclopaedia Aethiopica. En voici la traduction que nous proposons : Selon la tradition, Ménélik est le premier empereur légendaire d'Ethiopie (env. 10e siècle av. J.-C. ?), le fils de la reine de Saba (Makedda) et du roi Salomon d'Israël, et le fondateur de la dynastie des Salomon.

Au cours de nos recherches sur ce personnage, nous n’avons pas trouvé d’informations relatives à Ménélik dans la Bible, bien qu’il soit question dans ce livre sacré de sa mère, la reine de Saba.

Un article paru le 8 juin 2021 dans le National Geographic - La légendaire reine de Saba : ce que révèle l'archéologie - nous fournit les informations suivantes :

« L’histoire du roi Salomon et de la reine de Saba est évoquée dans les Livres des Rois et dans les Livres des Chroniques. Une reine, sans nom, en provenance de Saba, se rendit à Jérusalem avec de l’or, des bijoux et des épices. En quête de savoir, la reine s’intéressa particulièrement à Salomon, que l'on disait sage, et lui posa des "questions complexes". Salomon releva le défi et accueillit la reine, qui en retour, lui fit parvenir des offrandes.
"En fait, il n’arriva plus jamais une aussi grande quantité de parfums et d’épices que celle que la reine de Saba offrit au roi Salomon." Plus tard, elle lui confia : "Ta sagesse et ta prospérité surpassent tout ce que j’avais entendu dire." (1 Rois, 10,7) »

Dans le cadre de nos recherches, nous n’avons pas trouvé non plus d’information relative au Coran, bien qu’il soit là aussi question de la reine de Saba.

Voici ce que nous pouvons lire dans l’article du National Geographic à ce sujet : « Élaboré au 7e siècle, le Coran présenta une version plus élaborée de cette histoire, tout comme le fit la littérature rabbinique juive. »

Nous lisons dans l’introduction du récit Kebra Negast : la gloire des rois d’Ethiopie traduit par Samuel Mahler, ceci à ce sujet :

« Le Coran est plus précis. Il situe son royaume [celui de la reine de Saba] au sud de l’Arabie, c’est-à-dire dans la région qui forme l’actuel Yémen, et évoque la légendaire reine de Saba, mais ne lui attribue pas de nom spécifique. Ce sont alors des traditions post-coraniques qui l’appelleront Bilkis, ce qui signifie "maîtresse du trésor". »

L'article Éthiopie : la croix contre la croix d'Alain Gascon, paru en 2005 dans la revue Hérodote, résume le lien entre Menilek Ier et Israël :

« Selon une tradition écrite aux XIIIe et XIVe siècles, le fils de Salomon, Menilek Ier, était revenu, à sa majorité, en Éthiopie avec l’Arche d’alliance et accompagné des Israélites. Ainsi, les Éthiopiens étaient-ils devenus le peuple élu et l’Éthiopie devenait Israël, la Terre sainte. »

Toujours dans l’introduction du récit Kebra Negast : la gloire des rois d’Ethiopie, nous pouvons aussi trouver l’information suivante : « Cette rencontre [entre Salomon et la reine de Saba] est commune aux trois religions du livre, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Cependant, elle prend une dimension toute particulière dans le Kebra Nagast dans le sens où le fruit de leur union (Ménélik Ier) fonde la dynastie des empereurs éthiopiens, établit leur filiation avec Salomon et renforce ainsi leur pouvoir. »

Le Kebra Nagast est un récit de référence sur l’existence de Ménélik. Il nous est présenté ainsi dans l'article du National Geographic :

« Le Kebra Nagast, un récit épique chrétien d’origine éthiopienne rédigé au 14e siècle, attribua la fondation même de l’Éthiopie à la reine de Saba. Selon ce texte, le royaume de Saba se trouvait en Éthiopie. La reine et Salomon eurent un fils qui fonda par la suite une dynastie. Cette dernière fit office de gouvernement en Éthiopie jusqu’à son dernier descendant, Haïlé Sélassié, mort en 1975. »

Cette information est corroborée par ce que nous pouvons lire dans l'article L'étonnante origine des chrétiens d'Ethiopie, paru la revue Historia :

« Le Kebra Nagast, la chronique des rois d'Ethiopie, rapporte une bien curieuse affaire. De retour dans son royaume après sa visite à Jérusalem où elle avait été attirée par la réputation de sagesse du roi Salomon, Makeda, la reine de Saba, accoucha d'un fils qu'elle nomma Ménélik. A l'âge adulte, celui-ci émit le voeu de se rendre auprès de son père. Ce qu'il fit. Alors que Ménélik allait s'en retourner en Ethiopie, Salomon offrit à son fils de repartir accompagné des premiers-nés des enfants d'Israël. Mais trouvant cette faveur insuffisante, Ménélik emporta avec lui l'Arche d'Alliance, le coffre recelant les Dix Commandements. Déposée à Aksoum, alors capitale de l'empire éthiopien, l'Arche y aurait servi d'autel pour la cathédrale. »

L'article sur Menilek I de l'Encyclopaedia Aethiopica relate cet événement ainsi :

Le Kebra Nagast raconte que, adulte, Ménélik alla rendre visite à son père, qui l'a reçu très honorablement à Jérusalem et le nomma finalement roi d'Éthiopie sous le nom de Dawit (II) - ce qui pourrait ajouter à la difficulté de compter les empereurs éthiopiens de ce nom. Ménélik retourna alors dans le royaume de sa mère. Salomon ordonna au grand prêtre et d'autres notables d'Israël d'envoyer leurs fils aînés avec Ménélik, afin d'y établir une colonie israélite sur place, dans le premier royaume éthiopien dirigé par un homme. Pendant ce temps, les compagnons de Ménélik enlevaient secrètement l'Arche de l’Alliance du Temple, et, fuyant durant la nuit de Jérusalem, l'emportèrent en Ethiopie. Le roi Dawit, c'est-à-dire Ménélik, apporta l'Arche dans la capitale de sa mère, Däbrä MakƏdda, c'est-à-dire Axoum, pour y être gardée sous surveillance, l'endroit devenant ainsi une "seconde Sion", héritière de Jérusalem et de l'ancien Israël.

Au Musée d'ethnographie de Genève (MEG) est conservé une peinture sur parchemin dont le cartel nous apprend ceci : « Ebn el Hakim, le "Fils du Sage", appelé aussi Ménélik. Adulte, il visite son père qui lui transmet la royauté sur Israël mais l’héritier choisit de régner en Éthiopie en emportant l’Arche d’Alliance conservée dans le Temple. Ce mythe fondateur du royaume chrétien d’Éthiopie, ancré dans l’Ancien Testament, est inscrit dans le Kebra Nagast, La Gloire des Rois, rédigé en guèze probablement au 14e siècle. »

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, voici quelques articles qui pourraient vous intéresser :

L'Éthiopie chrétienne : introduction à une histoire imprégnée de foi et à quelques aspects nouveaux d'une mission œcuménique de Lucien Heitz, article paru en 2012 dans la revue Histoire, monde et cultures religieuses.

La légende de la reine de Saba de Joseph Halévy, paru en 1904 dans les Annuaires de l’Ecole pratique des hautes études.

Vous pouvez également consulter différentes traductions du Kebra Negast :

La gloire des rois, ou l'Histoire de Salomon et de la reine de Saba traduction par Robert Beylot

La gloire des rois : épopée nationale de l'Ethiopie : traduction française intégrale édité par Gérard Colin

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève

Pour www.interroge.ch