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Archives Interroge - Question / réponse

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Pourquoi ne peut-on pas conjuguer le verbe 'frire' aux personnes du pluriel ?

Question répondue le 13.05.2020


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Comme l'indique la page consacrée au verbe "frire" https://bit.ly/3cp5C0U du site "Le conjugueur" du journal "Le Figaro" :

« Frire est un verbe défectif. Il ne s'emploie pas aux personnes plurielles. On le retrouve rarement au futur. Pour tous les temps où il ne s'emploie plus, on lui préfère la forme 'faire frire'. Ex: il faut que nous fassions frire les beignets. »

La page sur les "Verbes défectifs" https://bit.ly/2WPN2Z5 du site "MultiGram" - « la grammaire communicative multilingue de l'Université libre de Bruxelles, section "Français" » - ajoute ce qui suit :

« On appelle "défectifs" les mots qui ne présentent pas dans l’usage toutes les formes que présentent les autres mots de la même catégorie.
Un verbe défectif est un mot dont la conjugaison est incomplète, certains temps, modes ou personnes étant inusités. [...]
En français, les verbes défectifs sont assez peu nombreux : un grand nombre d’entre eux ont été éliminés au cours du dernier siècle. »

Votre question touche donc au domaine de la linguistique et les articles scientifiques sur le sujet ne manquent pas. Nous en citerons un, qui nous a semblé suffisamment clair pour expliquer cette notion. Il s'agit de l'article "La notion de défectivité en grammaire" https://doi.org/10.3406/igram.1994.3106 d'Adouani Abdellati, paru en 1994 dans la revue "L'Information grammaticale" http://data.rero.ch/01-0457429 et qui indique ce qui suit :

« Certaines notions linguistiques souvent largement utilisées par les grammairiens et enseignées dans les écoles apparaissent tellement évidentes ou tellement banales qu'on ne s'y attarde presque jamais. De telles notions considérées comme marginales parce que ne traitant que d'"exceptions" se transmettent de génération en génération, d'école en école sans que jamais on ne songe à remettre en cause les principes qui les sous-tendent et les inadéquations dont elles peuvent être l'objet.

Cet article se propose de jeter quelques lumières sur l'une de ces notions héritées de la tradition : la défectivité. »

Au chapitre "3.2 Défectivité systématique et défectivité fortuite", page 6 de ce document, voici ce que nous apprenons :

« On peut distinguer deux catégories de verbes défectifs :

- ceux dont la défectivité est le fait de la langue ou du système. Par exemple, la défectivité de verbes comme pleuvoir, falloir, s'ensuivre, pouvoir est due soit à une cause syntaxique (les trois premiers verbes sont toujours construits impersonnellement), soit à une cause sémantique (incompatibilité de la modalité impérative avec la signification même du verbe pouvoir).

- Ceux dont la défectivité ne relève pas de critères internes à la langue mais est liée à un phénomène de performance et aux conditions de l'énonciation. Par exemple des verbes comme frire, promouvoir, traire, éclore (cf. le désaccord entre Littré et l'Académie sur les temps et les personnes que possède ce dernier verbe) ne doivent, à notre avis, leur défectivité qu'aux problèmes posés aux usagers de la langue quand il s'agit de les conjuguer. Sinon comment expliquer que des verbes comme frire et éclore refusent le pluriel, à notre avis disponible, de l'indicatif présent ? Ce sont précisément les temps et les personnes auxquels de tels verbes sont défectifs qui posent des difficultés de conjugaison aux usagers.

Les verbes relevant de cette deuxième catégorie sont syntaxiquement improductifs. Mais cette improductivité touche, en réalité, à divers degrés tous les verbes français : s'il est vrai que toutes les formes du paradigme de la conjugaison sont théoriquement disponibles, cependant quelques-unes seulement d'entre elles sont effectivement utilisées. On peut dire que certaines formes sont aujourd'hui, sinon d'utilisation exceptionnelle, du moins rare : le plus-que-parfait du subjonctif est un exemple éclairant (pour ne citer que ce tiroir temporel). On voit bien que selon le point de vue que l'on adopte (norme ou usage réel) la notion de défectivité change de sens. »

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

http://www.interroge.ch

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